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Jour I

On ne voulait pas quitter l’Australie sans avoir tâté de l’outback. Alors on a quitté la côte pour s’enfoncer au cœur de l’état du Victoria et dans les étendues du New South Wales. En gros depuis la côte on est remonté… toujours tout droit. Un virage tous les 100 kilomètres, des heures à rouler au milieu de paysages qui changent petit à petit. On quitte rapidement les collines verdoyantes de la côte, les champs jaunissent, les eucalyptus laissent place à des malles et des buissons qui peuvent tenir les grosses chaleurs. La température monte, elle aussi.
On passe des heures à rouler tout droit, sans croiser une intersection, ni une seule voiture ni une seule maison. Les moutons qui foisonnaient ce matin ont disparu. Plus une vache non plus. Les seuls animaux qu’on croise maintenant ce sont des kangourous, mais pas dans les champs. « Oh, ils font dodo sur la route », comme les enfants l’ont dit gentiment… Ils sont énormes, étendus sur les bas-côtés. C’est impressionnant et bien triste. On espère très fort n’en percuter aucun pendant ces quelques jours.

 

On traverse parfois des villages où le temps paraît suspendu. Quelques maisons autour de la route, toujours les mêmes ; de plain-pied, un toit en tôle, un jardin devant la maison avec une pelouse tondue nickel, et un pick-up devant le garage. On s’arrête pour dormir dans une de ces petites villes, à Brims, 100 habitants grand max. Personne pour garder le campement, quelques caravanes en limite du bush, un cours d’eau empoisonné par des algues où il ne fait pas bon se baigner… et un barbecue bien sûr. On ne croise personne. Il est 19h, on a roulé 8 heures et il fait 38 degrés. On a vraiment l’impression dans un four, avec un air qui brûle le visage. trop de chance d’être tombés sur ce campement où nous pouvons brancher l’électricité et donc notre clim. On a quand même chassé les mouches toute la soirée. On s’endort après avoir lu ensemble, comme chaque soir, un conte aborigène. Dans la tête toutes ces histoires de kangourou, de gros lézards, de tribus qui racontent le temps du « Dreaming », les légendes des premiers hommes qui ont peuplé l’Australie, on est tous claqués.

 

 

Jour II

Au réveil il fait déjà 32 degrés mais ouf le ciel est couvert et il y a un petit vent. Pour payer la nuit, il faut passer au bar du village ou bien au garage. On est dimanche, tout est fermé. On glisse le billet de 10 dollars sous la porte du garage de chez Dixon. On n’a pas croisé âme qui vive dans le bled. La définition du bush, c’est la chaleur, l’aridité et l’isolation.  Et les mouches. On y est, là, c’est sûr.

 

Et c’est reparti, on the road again comme ils diraient. On avale les kilomètres, on se sent moins seuls grâce à la voie de chemin de fer qui nous accompagne, sur notre gauche pendant des heures. Et toujours ces petits villages de Far West, fantomatiques, avec les façades rougies par la poussière et les devantures fermées. Il ne manque aux bars que les portes battantes pour être de parfaits saloons.
Et au milieu de tout ça, au milieu des champs de céréales, tout à coup, il y a l’art. Des portraits immenses peints à la bombe sur des silos à grains. Des visages magnifiques et émouvants de fermiers, d’enfants, de vieux et jeunes aborigènes, qui dominent et contemplent avec bienveillance ce territoire aride qui les a vus grandir. Du street art melbournien en plein bush – du rural art! – ça c’est l’Australie baby.

 

Jour III

Après une nouvelle journée de route où le thermomètre n’est pas passé sous les 40 degrés on part à l’aube pour rejoindre l’ancien lac Mungo, le berceau de la civilisation aborigène. 2h de piste rouge pleine de trous, et sur les côtés la savane, on se croirait revenus au parc Kruger, on guette les girafes. Mais ce sont des kangourous qui gambadent sur les côtés, et un émeu qui fait la course avec le camion. 

 

Au loin sur la route on voit plein de points noirs, ils ne bougent pas. On continue à avancer, ce sont des perroquets. A notre arrivée d’un seul coup ils s’envolent, dans un feu d’artifice de battements d’aile. Mais ils ne fuient pas, ils nous accompagnent! Un nuage d’oiseaux au ventre et aux dessous d’ailes d’un rose magnifique poudré, qui volent autour de nous, tantôt à notre gauche, puis nous doublant pour repasser à droite. On roule au milieu des oiseaux. C’est un moment merveilleux. Les perroquets nous laissent à l’entrée du lac Mungo, on devine les fameuses Murailles de Chine tout au loin. Mais ça, c’est une autre histoire. Il est 8h30, il fait déjà une chaleur de plomb, le camion est rouge de poussière et les mouches sont partout. L’outback c’est l’aventure !

 

 

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sylvie Caire
février 14, 2018 at 21:27 Répondre

Vous êtes bien courageux de faire tant de route sans marcher par cette chaleur . Heureusement qu’il y a quelques surprises .

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