ENTREZ VOS MOTS CLES

Arrivés au Brésil par les chutes d’Iguaçu, nous avions prévu de passer 15 jours dans le Sudeste, sans trop d’idée de ce que nous y trouverions, avec l’envie de nous perdre un peu dans ce pays tout nouveau pour nous. Ça a très bien marché, et nous avons été complètement dépaysés, tant par les coins perdus où nous avons passé des moments extra que par les big cities que nous avons arpentées. Et tout cela, plongés dans une langue moins facile que ce nous imaginions !

Lost in Parana

Alors, pourquoi ce choix d’un coin un peu « paumé » ? Parce que nous avions prévu de retrouver au Brésil la mamans et la tante de Marc, pour deux semaines. Et qu’en venant de l’Argentine, c’était le plus simple en bus. Mais on a découvert petit à petit que personne ne connait vraiment cette région… même pas les Brésiliens! C’est pourtant une des régions les plus riches et tranquilles du Brésil. 

Du coup, l’excellente nouvelle c’est que nous n’avons croisé que quelques rares touristes étrangers pendant nos 10 jours au Parana. Morretes ou l’ilha do mel sont des endroits connus uniquement des Brésiliens aisés vivant dans la région, dans la grande ville de Curitiba en particulier. Pour info, Curitiba est classée comme la ville-modèle du Brésil en matière d’écologie (même si ça ne nous a pas sauté aux yeux), et c’est également d’ici qu’est partie l’opération anti-corruption « Lava Jato » (lavage express) qui a jugé l’ancien président Lula. (c’est où Curitiba?)

 

Lost in translation

La moins bonne nouvelle du coup, c’est que personne ne parle autre chose que le portugais, que nous ne maîtrisons pas du tout. Pas facile lors des réservations de logement ou pour demander son chemin. On pensait que l’anglais et l’espagnol suffiraient, mais pas toujours. Alors on sort le dico du routard, on ajoute des « zibaou » et des « djouuune » à la fin des mots espagnols, on mime le train, un lit ou le manger et ça se passe très bien!

Lost in ilha do mel
Dans cette région, les gens vont surtout à Florianopolis, dont on nous avait dit beaucoup de bien. Mais il fallait faire plus de bus, et nous avions plutôt envie d’être tranquilles. Du coup, nous sommes partis pour l’île du miel, une toute petite île à l’est du Parana, avec des plages immenses et surtout… aucune voiture. L’endroit tout perdu, idéal pour souffler et profiter. Toutes les balades sont faisables en quelques heures, dans la forêt ou sur les plages. Notre petite bicoque sur la plage était digne d’une île déserte, on était bien dans l’ambiance !

En route pour l’île du miel
Notre cabane au bord de l’eau
Balades en kayak juste devant la cabane, au coucher du soleil
Balade autour de l’île, avec des plages immenses (presque) seulement pour nous

 
 
Youpi !
 
Retour sur le continent, en passant par  le joli port de Paranagua

 

 

Lost in the jungle

Après l’ile déserte, place à la jungle du Brésil. Nous sommes allés nous perdre avec bonheur dans la forêt tropicale de Morretes. Nous avons passé plusieurs jours dans deux des trois cabanes do Curupira, tenues par Luis et sa femme. On vous reparle de Luis plus bas, parce que c’est une des rencontres très fortes de tout notre voyage. On a tiré à l’arc, croisé des serpents, dévalé des rapides en rafting, rencontré les moustiques les plus affamés qui puissent exister… et on a marché dans la jungle, longtemps. On vous raconte ici cette expérience à la limite du masochisme.

Nos quelques jours auprès de Luis et sa femme font partie de nos meilleurs souvenirs du Brésil. En pleine nature, avec une famille d’une générosité incroyable – leurs deux fils brésiliens sont adorable-, on a passé des moments hors du temps. Un bonheur. 

Une de nos cabanes dans la jungle de Morretes
Certaines des sculptures de Luis
Le camion « fait maison » – ou presque- de Luis
Dans la jungle

 

 

Lost in big cities

Dans les grandes villes du Brésil que nous avons arpentées – Curitiba, et plus encore à São Paulo – on a été happés par les gratte-ciel qui côtoient les bâtiments anciens, les rues qui grouillent de monde quel que soit le quartier – celui des affaires ou les quartiers populaires. Et on a adoré les oeuvres de street art cachées un peu partout. 

São Paulo, dite « La jungle du béton »
Dans le quartier de « Beco do Batman, chacun son style
Licorne Love Love
Collector !

 

On s’en souviendra…

…de la grande déception
Imaginez un petit garçon fan de foot, qui ne quitte pas son t-shirt Neymar Jr acheté pas cher à Bali, qui se balade avec son ballon accroché à son sac depuis 4 mois, qui rêvait de venir au pays du foot et qui découvre… que dans le plus grand parc de Curitiba il est interdit de jouer au foot ! Bon ce parc est censé être un jardin botanique et non un stade certes, mais quand même on est au Brésil !

Le choc…

…de la (très) grande consolation
Imaginez un petit garçon fan de foot, qui ne quitte pas son t-shirt Neymar Jr acheté pas cher à Bali, qui se balade avec son ballon accroché à son sac depuis 4 mois, qui rêvait de venir au pays du foot et qui découvre… … que ses parents, le jour de ses 9 ans, l’emmènent voir un match de foot au Brésil ! Rien que pour voir la joie de Nino en lisant sa carte d’anniversaire, on a bien fait de prévoir ce petit tour au Brésil, même si on ne sait toujours pas comment on va revenir en Argentine ensuite. Lisez le résumé de Nino ici !

Best anniversaire ever !

 

… de cet apéro inattendu 

Avec saucisson du Béarn et Jurançon sec arrivés dans les bagages de la famille. Dégustés sur la terrasse de l’ilha do Mel. Joie, joie, joiiiiiiie.

Avec un saucisson oloronais, pour être précis…

 

… du charmage de serpent

Les photos sont complètement loupées, mais c’est bien votre serviteuse, avec un joli serpent de chez Luis entre les doigts. C’est pas très clair sur ces images, mais c’est tout qu’on a comme preuve… A nos deux témoins oculaires : n’hésitez pas à témoigner en commentaires si nos lecteurs ne nous croient pas !

« Aie confffffiance. Crois en moi. Ssssss… »

 

…du voyage en train Morretes-Curitiba

A travers les montagnes et les forêts, au-dessus de quelques petits ponts pas si effrayants, et surtout au milieu d’un wagon de Brésiliens déchaînés qui fêtaient l’anniversaire de leur aïeul. Un long trajet un peu bruyant mais tout à fait dépaysant ! Et tout de même plus rassurant qu’un convoi de prisonniers birmans. Avec, à l’arrivée, des vues de Curitiba très différentes l’une de l’autre…

Joli petit tortillard
Les montagnes au-dessus de Morretes, depuis le train. Au loin, on voit jusqu’à l’ilha do Mel !
Les bidonvilles de la banlieue de Curitiba, qu’on ne peut voir qu’en train
Le quartier des affaires de Curitiba, en arrivant à la gare

 

… du street art dans un village

A Morretes près de la jungle, on trouve des tigres sur les murs… et les t-shirts !

Grrrrrrr

 

…de l’oeil géant

Non, ce n’est pas celui de Sauron, mais du musée Oscar Niemeyer de Curitiba. Niemeyer, l’architecte génial qui détestait les angles et les lignes droites. Les expositions du musée n’ont pas plu à toute la famille, mais on ne peut pas nier que le design global est sacrément original.

On peut même monter dans l’oeil d’Oscar

 

… des transports en commun brésiliens

Les stations de bus de Curitiba sont toutes en forme de tubes vitrés, et il y a un vendeur de tickets en plus du conducteur dans chaque bus, Dans le métro de São Paulo, il y a des écrans dans les wagons, des pubs vidéos SUR LES MURS DES TUNNELS, des distributeurs de livres sur les quais et LA CLIM partout ! Chère ligne 13, prends-en de la graine…

Y’a aussi des super rampes 😉

 

…. de cette super soirée inédite

Quand on fait un long voyage en famille, par définition…on est tout le temps en famille. On avait déjà bien de la chance d’avoir eu une soirée en amoureux en Birmanie en décembre, et un dîner d’adultes dans un camping car en Australie, en janvier. Mais, chanceux que nous sommes, nous avons eu un 3e tour grâce à nos kids-sitters venues de France. Un dîner très sympa dans un bar choisi dans la rue, sous un orage exceptionnel. Un groupe de 7 musiciens et chanteurs de bossa nova a mis le feu et fait danser tout le bar. Tous les Brésiliens présents connaissaient les chansons par cœur et c’était vraiment beau de voir toutes ces couleurs de peau réunies par la même musique, avec des sourires jusqu’aux oreilles tandis que les hanches, les genoux et les pieds bougeaient d’une façon incroyable. Et bien sûr, il y avait la caipirinha! Une soirée d’enfer !

Viva caïpirinha !

 

Les rencontres 
– Luis

Vous l’avez compris, Luis c’est LA rencontre. Un incroyable baroudeur aux dix vies et aux mille talents. Né à Barcelone, Luis a intégré la Légion étrangère et parle un français impeccable, il a exercé plein de métiers différents à Paris, aux Pays-Bas, au Québec, avant de s’installer il y a 20 ans au Brésil avec sa femme allemande. Luis construit des arcs de ses mains et ne manque jamais sa cible, son vieux camion peinturluré est son meilleur copain, il sait dater le passage d’un singe dans la jungle en étudiant les feuilles mordillées tombées par terre et il reconnaît les traces des pumas, il nous a appris à savoir l’heure sans montre dans la forêt, à ses heures perdues il sculpte des totems joyeux aux accents magiques. MacGyver de la forêt, il a inventé un porte-Suzie en 3 minutes en bricolant une courroie de camion, et nous l’a offert pour la suite du voyage. Luis c’est la vie sauvage, avec la gentillesse et l’humour en plus. Et l’oeil du tigre.

Luis, quoi !
Dans la forêt tropicale avec une petite bête sur le dos

NB : bon, notre héros n’est pas infaillible : c’est le seul à être tombé du raft quand on a percuté un rocher! Mais il est tombé (et remonté) avec la grande classe 😉

 

Nadia et Hub : Nadia est une ancienne collègue, connue par Caroline dans une grande compagnie américaine du digital. Grâce à Facebook le contact avait été gardé, et Nadia nous a reçus à São Paulo où elle vit depuis 7 ans avec son mari Hubert et leurs deux petits garçons.  Ils nous ont beaucoup raconté « leur » Brésil et nous ont donné plein de bons plans. 

Un dej entre adultes dans un resto bobo-vegan pas cher et génial !

Ale-Bouddha : un monsieur au grand coeur! Ale est un ami de Nadia et Hub, il ne nous avait jamais vus mais dès qu’il a su qu’on cherchait un hébergement à São Paulo, il nous a accueillis tous les 7 dans son loft au 18ème étage, avec une vue incroyable sur la ville. On a mis tous les matelas par terre, c’était le squat du siècle… On n’a pas vu Ale très longtemps, mais on a été vraiment touchés par sa gentillesse, et on espère, une fois rentrés, pouvoir rendre d’aussi chouettes services à de futurs voyageurs qui viendraient en France.

La vue depuis le loft d’Ale

 

Les « Triolimario », une famille de Lacanau qui voyageait en Amérique du Sud. Les enfants ont échangé des livres et des magazines, et Suzie a beaucoup joué avec sa copine Alice.

Alice et Suzie

 

Alain, Marcella, Louis et Sophie : à São Paulo nous avons dîné chez Alain, le cousin de notre amie Charlotte. Il vit ici depuis 20 ans avec sa femme Marcella et leurs enfants Louis et Sophie. Les garçons ont pu échanger des Picsou contre des Astrapi et jouer aux jeux vidéo pendant que les parents s’intéressaient à la vie trépidante des working parents dans une mégalopole brésilienne.

Avec Alain et Marcella

 

Les infos en vrac

Et l’école dans tout ça?

– C’est super d’avoir une ancienne maîtresse de maternelle rien que pour soi. Suzie a très bien travaillé avec Mamou 😉

L’école, même sur une île perdue !

– Hourra! les cahiers d’école sont terminés. Et ils sont repartis avec Mamou et Tita, pour les montrer à l’inspecteur s’il les demande. Lucas va maintenant re-travailler le programme grâce à l’application Kartable, et Nino va utiliser toutes les fiches téléchargées sur l’ordinateur avant de partir. Quant à Suzie, elle a commencé son 4e cahier, elle est toujours la plus motivée – de loin.

 

Le point matos

On s’est considérablement allégés, de 6 ou 7 kg au moins.
bye bye : les cahiers et autres livres des enfants, ainsi que la jupe birmane. On les retrouvera à la rentrée. On a renvoyé également une chose qu’on n’a jamais utilisée : le clavier de l’iPad. On a même failli rendre l’iPad lui-même, il n’a servi que 3 fois! Mais comme on n’a plus de cahier, on a mis les cours restants sur la tablette, on va bien finir par l’utiliser.
on garde : nos accessoires fétiches, qu’on utilise tous les jours ou presque >> le couteau suisse, l’adaptateur international pour toutes les prises du monde, la trousse de toilettes hyper pratique qui se suspend, le mini-matelas gonflable. Et bien sûr, les liseuses et les Lego.

on garde aussi : les accessoires bonus, qu’on n’utilise pas tous les jours mais qui font tellement plaisir >> le ballon de foot, la mini-enceinte pour écouter de la musique, le jeu de Qwirkle

on ajoute dans le sac : 5 doudounes en provenance direct du Décathlon de Lescar, dans le 64 – pour la Bolivie ! Merci à nos convoyeurs personnelles 😉 

 

Next step 

Ça n’était pas prévu DU TOUT au programme, mais on a craqué : on va à Rio!!! On verra bien ensuite comment on revient en Argentine. On s’éloigne géographiquement de notre rêve suivant – la Patagonie – mais c’est tellement bon d’improviser en cours de route. On trouvera bien des solutions… On quitte donc la famille à la station de bus de São Paulo après ces 2 semaines bien remplies, pour de nouvelles aventures à Rio de Janeiro. On part avec plein de sensations de jungle, naturelle et urbaine, et on est très excités par la suite.

A bientôt, très bonnes vacances de Pâques à tous et joyeux printemps !

On the road again, again…!
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Mayette
avril 10, 2018 at 12:27 Répondre

Quel bonheur de pouvoir se perdre sur la planète, et de prendre le temps de trouver un autre chemin. Je vibre avec vous !! gros bisous

Alice
avril 10, 2018 at 18:22 Répondre

Des gros bisous à ma copine Suzie!
Alice

Stéphanie
avril 10, 2018 at 19:15 Répondre

roh mais cela me donne envie d’aller au Brésil maintenant c’es malin! vous avez l’air tellement heureux!!!! bravo à vous

Madine
avril 10, 2018 at 23:02 Répondre

Lucas et Nino, j’espere que Luis vous a appris à sculpter des troncs d’arbres pour faire des totems, car Papito rêve d’en avoir un a Risoul!!
Et il faudra aussi nous apprendre à savoir l’heure sans montre !

Bravo pour vos cahiers terminés. Bravo Suzie pour ton enthousiasme scolaire!
Vous avez de l´avance sur les écoliers français!
Et bravo pour toutes vos rencontres , c’est formidable!
Pour les parents, prochaine soirée en amoureux en juin…
Bisous à tous les cinq.

Estelle
avril 10, 2018 at 23:05 Répondre

OLA FAMILIA ! FELIZ ANIVERSARIO NINO ! QUE VIAJEM MAIS LINDO NO BRASIL, SAUDADES !! Beijao a tudos.
Estela diretamente da cidade de Malakoff.

Papito
avril 10, 2018 at 23:34 Répondre

Mark Twain, Jack London, Hemingway aussi nous ont fait réver; avoir le sens de l’épopée est un don dont nous ne savons quelle fée t’a dotée mais qui nous réjouit au-delà de tout.
Forte en aventure mais loin de celle de Cervantès, ta prose est si enthousiaste, joyeuse même dans les tristes et sordides détails des drames criminels auxquelles sont exposés les habitants les plus héroïques de ces favelas. Bravo et continue de nous réjouir et de nous faire voyager avec vous.
Nous guettons vos missives sur la patagonie et la terre de feu dans le froid, les glaciers; avez-vous vu des Mapuches ou sont-ils dans des campagnes trop reculées? L’immensité impressionne.
Vous allez progressivement vous rapprocher du Temple du soleil. Mettez-vous dans les pas d’Hergé; j’espère que l’esprit généreux de Tintin continuera de vous accompagner à Cuzco, sur le chemin de l’Inca et ailleurs et que vous rencontrez nombre de Zorrino dans ces pays andins si différents et splendides. Allez-vous guetter une éclipse au Macchu Pichu? Peut-être? Pourvu qu’il n’y ait pas de trop de lamas cracheurs sur les chemins et pas de Guano sur vos têtes blondes en arrivant à Lima.
Restez toujours tous aussi forts comme Oumpapah, généreux et candides comme Benoit Brisefer, prudents comme Prudence Petitpas, aventureux comme Alix, espiègles comme Spirou (pour descendre encore un peu plus de niveau de références littéraires). De telles images, j’en ai d’autres en inventaire si vous voulez.
Nous sommes tout le temps avec vous; nous nous réjouissons de ces courriers venant du profond de vos coeurs.
Bises
Papito

Mamou
avril 11, 2018 at 17:56 Répondre

Mais oui ELLE L’A FAIT !!J’étais temoin de l’incroyable courage de Caro prenant ce beau serpent dans ses mains …pendant que mon fiston s’éloignait de ce danger……

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