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Mais oui c’est fou. On voyage depuis 10 mois loin de la France, on est en ce moment au Chiapas, dans un endroit où rien, à part une boulangerie créée par deux expatriés, ne nous rappelle notre pays natal, et pourtant…

Pourtant, hier, Nino a accroché sur un cintre le t-shirt numéro 7 d’Antoine Griezmann qu’il porte presque tous les jours depuis un an, pourtant ce matin nous nous sommes tous levés super excités, et pourtant nous voilà en route, parés de nos plus beaux atours bleu-blanc-rouge, pour retrouver dans un bar des inconnus, tout cela pour… regarder une TÉLÉVISION !

Et tout ça, alors que depuis 10 mois on n’a pas arrêté de se dire qu’on se sent de plus en plus des citoyens du monde, que la planète est notre maison. Alors que, chaque fois qu’on voit du foot on se dit que tout ça ne tourne pas rond, que les joueurs gagnent trop, que les sponsors gâchent tout. On rappelle toujours aux enfants ce que ces chiffres signifient pour les pays très pauvres que nous avons traversés…

Il n’empêche. Pendant 4 semaines entre le Pérou et le Mexique, on a regardé TOUS les matches de l’équipe de France. Avouons-le : on a même organisé notre programme en fonction de ces dates-clés. On a gardé précieusement notre matériel de supporters même s’il prenait un peu de place dans les sacs. On s’est levés aux aurores à Puno pour France-Australie, on a vibré en regardant France-Pérou avec des Péruviens, on a ragé devant France-Danemark avec un très mauvais wifi à Cuzco, on a exulté devant France-Argentine dans notre appartement de Lima, on a hurlé avec nos amis mexicains pendant France-Uruguay, on a vécu France-Belgique à Oaxaca avec une troupe de supporters belges. Et là, pour cette finale à San Cristobal de las Casas, on est allés jusqu’à contacter des Français sur Facebook pour partager ce moment avec des compatriotes. Fous, qu’on vous dit !

Supporters de choc

 

Avant le match on avait interrogé toutes les familles qui font aussi le tour du monde en ce moment, pour savoir dans quelles pays elles allaient voir le match. Quelle joie de recevoir des nouvelles de Thaïlande, de Colombie, de Slovaquie, d’Argentine, du Pérou, d’Ukraine, de Mongolie, de Malaisie et même de… Moscou en direct du stade! Tous connectés en même temps. Et tellement bon de recevoir les photos de nos familles et amis devant leurs écrans à Toulon, Fontainebleau, Paris, Anglet, Grenoble ou aux États-Unis. Sensation assez dingue d’être au bout du monde et de vivre ce moment tous ensemble quand même. Fou comme on peut, à travers ces onze hommes en bleu qui courent sur un grand terrain vert, se sentir profondément de ce pays, la France.

Depuis que la coupe du monde a démarré, les Sud-Américains puis les Mexicains que nous avons rencontrés nous ont souvent demandé pourquoi notre équipe de France était si colorée. Sur ce continent, ça étonne. Nous avons donc souvent dit et redit à quel point nous sommes fiers de notre pays métissé, et de cette équipe de winners dont chacun d’entre nous – Suzie la première- sait scander tous les noms par coeur (merci Panini).

En tout cas ce dimanche 15 juillet, qu’est-ce c’était bien! Dans le bar on était des dizaines tout endimanchés.  Il y avait Vincent et Mathilde, qui démarrent un voyage de 6 mois, Violette et Pauline en vacances pour 3 semaines, Gaëtan Sandra et leurs trois enfants qui vivent au Salvador depuis 2 ans, et tellement d’autres. On a hurlé on a chanté on a dansé. Le décalage horaire était fatal, première bière à 9h30, à midi on était ivres – et pas seulement de joie. Les DJ mexicains ont passé les tubes de la coupe du monde 1982 – Michel Sardou, Edith Piaf, les Démons de minuit… et on a bien rigolé. Il y avait plein de jeunes voyageurs qui n’étaient pas bien vieux en 1998. Et nos enfants, ébahis devant cette fiesta matinale, mais plus gâtés que jamais : « on fait le tour du monde et en plus on est champions du monde! »

4 écrans et grosse ambiance au bar « Revolucion » de San Cristobal

Dans les rues les Mexicains regardaient avec étonnement tous ces babtous en marinière ou maillots floqués chanter à tue-tête. On nous a félicités comme si on y était pour quelque chose, on a posé pour les photos, on a fait les kékés, quoi… et Nino lâche encore moins son album Panini désormais collector.

Qu’elle est belle cette deuxième étoile ajoutée à la craie sur le maillot. Quelle apothéose de rêve pour notre voyage de rêve. Ce 15 juillet, au fin fond du Mexique, on s’est sentis un pied déjà en France. Et à quelques semaines du retour, on est heureux de rentrer dans un pays qui a fait la fête comme ça, après un hiver difficile, après des années difficiles. On sait que la liesse ne va pas durer, mais en attendant, vive le sport, le monde et la France !

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Sandrine SL
août 4, 2018 at 15:35 Répondre

Qui c’est les plus forts évidemment c’est LES BLEUS ! 🇫🇷😉😚

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