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Retour en Argentine après le désert d’Atacama et avant les montagnes boliviennes : nous  avons passé deux semaines au coeur de la Quebrada d’Humahuaca, au nord de la grande ville de Salta. Une région splendide, que beaucoup traversent très rapidement mais où nous avons décidé de prendre notre temps. Un coin que nous avons adoré et que nous sommes heureux de vous raconter.

 

Welcome in the far west

« Quebrada » signifie « faille » en espagnol. Et dans cette région, il y en a partout. Cela donne des paysages absolument fabuleux, l’impression d’évoluer en permanence sur le tournage d’un western, au milieu des roches rouges des canyons, des routes poussiéreuses et des immenses cactus.

Balade dans le sable rouge de la quebrada des 7 senoritas, et sous un soleil de plomb
On n’attend que les cow-boys…

 

 

 

Lama therapy… or not

À Purmamarca nous avons eu la chance de rencontrer Aniacho, qui est guide dans la région et qui a des lamas rien qu’à lui. Depuis peu, il organise des sorties avec ses « dames lamas », comme dit Suzie. Nous avons eu la chance de faire une très jolie balade dans le couloir des 7 couleurs avec Besitos, China et le bébé Kilia, dont c’était la première sortie. Ce fut un très chouette moment, joyeux et hors du temps, où nous avons beaucoup câliné les lamas et discuté avec elles (oui oui…). Elles étaient adorables et très affectueuses, elles se sont laissées guider et nous ont guidés à leur tour, et pendant ces 4h de balade nous n’avons pensé à rien d’autre qu’à elles. Enfouir sa tête dans le cou d’un lama, ce n’est que du bonheur (en plus elles sentaient bon!). Alors si vous voulez oublier un instant vos problèmes, n’hésitez pas : promenez-vous avec un lama!

Last but not least : Aniacho connaît très bien la quebrada d’Humahuaca,et  il parle quechua. Pendant cette promenade il nous a beaucoup parlé de l’histoire de la région – de Jujuy à la Bolivie- , et des problématiques des populations indigènes qui ont beaucoup souffert de la politique d’assimilation des Argentins. C’était passionnant. Si vous passez par Purmamarca, n’hésitez pas à le contacter de notre part.

Le colorado des 7 colores à Purmamarca, juste derrière notre pousada. C’est aussi là que nous avons murmuré à l’oreille des lamas
Aniacho el gaucho
Brossage de Besito
Notez l’énorme  sens du timing de Nino, qui trimballe ce t-shirt depuis 8 mois pour CETTE OCCASION-LÀ
La journée de rêve…
Lama-thérapie, oui oui oui !

 

Épilogue : le lendemain de cette balade nous avons pu vérifier auprès d’un autre lama que la réputation de ces camélidés -merci Hergé- n’est pas usurpée. Et oui, l’un de nous s’est fait cracher dessus par un vilain lama fâché! Pour savoir de qui il s’agit, lisez jusqu’au bout l’article de Suzie 😉 Et sachez que l’alerte pré-crachat c’est : les oreilles en arrière et la bouche qui rumine. Et que ce qui sort de l’animal est bien vert et bien dégoûtant.

NB : on n’a pas croisé le fameux et très drôle « llama que baila » mais grâce à nos amis voyageurs du blog En avion Simone, on a maintenant un bon ver d’oreille*! Et on a décidé d’apprendre les paroles par coeur pour améliorer notre espagnol… Iban et Tomas, vous qui avez vu des lamas péruviens vous nous direz ce que vous en pensez 😉

*-de l’allemand Ohrwurm : air entêtant dont on ne parvient pas à se débarrasser

 

La folie cactus
Il y en a partout, et tant mieux car cet arbre est devenu la nouvelle passion de Marco. En rentrant, on pourrait faire une expo photo rien que sur les cactus. D’après Aniacho, une croyance quechua dit que les cactus sont les âmes des ancêtres de la région, qui ont protégé et défendu les villages. Et c’est pour cette raison que les cactus sont souvent perchés tout en haut des montagnes. Et les plus drôle c’est qu’en balade, sur les crêtes, on les a souvent confondus avec des promeneurs! Une légende raconte justement comment les Espagnols ont été abusés par les habitants de la quebrada au XVIe siècle : pour lutter contre les étrangers qui décimaient la région, les Incas avaient choisi la ruse et habillé tous les cactus de la montagne afin de les faire passer pour des soldats. Devant cette armée, les conquistadors avaient rebroussé chemin. Les Incas n’ont hélas gagné que quelques dizaines d’années, mais chapeau quand même pour le brainstorming génial !

Cactus géant

 

 

On connaissait les épines et les fleurs de cactus mais on a découvert le bois de cactus (en haut à droite) et les cheveux de cactus (en bas à gauche) !

Déchets : le retour

On n’en avait pas trop vu depuis un bon moment, mais là, c’est reparti : un vrai festival de bouteilles plastifiques sur le bord des routes et de sacs poubelle lancés par les fenêtres des voitures. Dur dur…

 

Au bout du bout du bout du monde, encore une fois

Nous n’étions pourtant pas au bout d’un continent, mais il nous a semblé être bien plus perdus qu’en Patagonie! A Yavi, un des derniers villages argentins tout au nord, à la frontière bolivienne, le temps semble s’être arrêté, et on n’est pas dérangé par la circulation. Dans ce petit village de 300 âmes – nous en avons croisé une vingtaine tout au plus- nous avons été TRES tranquilles. Quelques touristes s’y perdent parfois visiblement, mais le village accueille surtout un improbable festival de rock une fois par an. Ça doit être incroyable.

 

Une des rues les plus animées du petit village de Yavi
Devant le plus grand magasin boucherie-épicerie-boulangerie de Yavi
Marisol, qui nous a hébergés, et sa petite Olivia

 

Les trésors cachés des quebradas

Dans cette région aride, loin de tout, au milieu de la poussière et des cactus, dans des villages minuscules, on peut trouver des trésors inattendus. À Uquia nous avons poussé la porte de l’église du village et découvert des oeuvres uniques, qui datent de l’époque de la grande « école de Cuzco ». Les trois peintures rarissimes d’archanges armés de l’église d’Uquia sont remarquables… et remarquées. Mais malgré ça, elles ne sont pas suffisamment protégées ; il est certes interdit de les photographier, mais sinon elles sont soumises au vent et à la poussière et en très mauvais état, c’est vraiment dommage. A Yavi, c’est dans la maison de l’ancien gouverneur de la région que nous avons découvert une petite bibliothèque exceptionnels. Comme quoi, il ne faut surtout pas négliger les petits villages!

La bibliothèque cachée de Yavi
Reproduction de Yeriel (temor de Dios), un des anges armés de l’église de La Quiaca – où il se trouve en plus mauvais état

 

La montagne magique

Hornocal, c’était un « must » pour Marco, qui l’avait repéré sur Instagram (vraiment très utile aux voyageurs, ce réseau social). Nous n’avons pas été déçus, c’était mille fois plus beau et plus grand que sur les photos. Après trois quart d’heure de montée en voiture dans la poussière, l’apparition de la montagne aux 14 couleurs est un pur ravissement pour les yeux. Nous sommes restés scotchés devant ses couleurs sorties de nulle part, aussi vives que celles de l’arc-en-ciel et le découpage parfait de ses couches de roches. On eût dit une frise réalisée par un peintre joyeux, et découpée dans du crépon de toutes les couleurs. À plus de 4000 mètres, assis sur des petites plantes qui piquaient les fesses, on a longtemps contemplé cette merveille naturelle, tout en regardant passer des condors. La montagne, ça nous gagne toujours autant. Et Hornocal fait partie des endroits qui ont généré chez nous un vrai coup de coeur.

What else?
Tombé du ciel !

 

La découverte de l’altitude

4350m : c’est notre nouveau record d’altitude – devant la montagne aux 14 couleurs. Mais la vraie altitude, nous l’avons connue  à Yavi. On y a eu très très chaud la journée et très très froid la nuit. Dormir à plus de 3500 ne fut pas chose aisée pour Caroline, mais pas de problème pour les autres. En tout cas on a encore pu voir un ciel de toute beauté, et maintenant on repère tous Jupiter d’un seul coup d’oeil.

Nino dans les hauteurs

 

 

On the road again

En remontant vers la Bolivie, on a traversé une petite partie de l’Altiplano. Ce qu’on y a vu? Encore des montagnes vertes, orangées, rosées et violettes, des maisons perdues au milieu d’immenses plaines soumises aux quatre vents, des visages de plus en plus bruns et tannés, des femmes avec des nattes de plus en plus longues et brunes et des chapeaux de plus en plus ronds. Et des lamas, des lamas, des lamas. Et de la poussière poussière poussière. On a trouvé tout ça très très beau. Ça promet pour la Bolivie ! 

 

Les infos en vrac

Le point foot
Voyager, c’est parfait pour l’apprentissage des langues…. et on y apprend plein d’expressions que l’école n’enseigne pas. Lucas et Nino savent ainsi parfaitement demander où trouver des « Figuritas del Mundial ». Pour les non-connaisseurs, il s’agit des stickers à coller dans l’album Panini de la coupe du Monde de foot! Et ils savent aussi comment proposer à de jeunes Argentins de faire des échanges. Il faut dire que pour échanger Higuain l’Argentin contre Anthony Martial le Frenchie, ça vaut vraiment le coup de se décarcasser 😉

Muy bien 😉
Youpi !

 

Le point musique
Nous avons étonnamment entendu très peu de Despacito en Amérique du Sud (merci les hackers ?) mais beaucoup de Manu Chao en Argentine pour notre plus grande joie !!

 

Le point « travaux artistiques »

Dans la pousada de Tilcara, les enfants ont participé plusieurs fois à des « soirées jeux » avec nos camarades argentins. Et ils ont aussi appris à peindre les murs de l’auberge, et à faire de très jolis bracelets – qu’ils comptaient vendre à des touristes pour financer l’achat de leurs paquets de figuritas. Finalement Lucas et Nino offrent leurs bracelets aux nouveaux amis que nous rencontrons, et c’est bien mieux comme ça !

 

 

Au boulot miss Suzie !
Avec Ivana et Romina les profs de bracelets

 

Le point « drôle de bête »

Au début on a cru qu’il s’agissait d’un chien solitaire, malade, galeux ou quelque chose dans le genre. Mais pas du tout : ce chien-punk est d’une race très rare, celle du « Perro Pela », qu’on ne trouve que dans cette région d’Argentine et au Pérou. C’est un chien pelé, pas très beau mais très gentil et très gai, qui s’entend très bien avec les enfants et les personnes âgées. Morale de l’histoire (sic Lucas) : « il ne faut vraiment pas juger sur les apparences… »

Pobre perro pela…

 

Un peu de France dans la télé

Au hasard d’une promenade dans la ville de Tilcara nous avons aperçu à la télé… notre président! Une émission internationale argentine titrait sur « ce Français qui veut leader l’Europe ». Et juste après, le reportage montrait les grèves. Mais nous on sait que ce n’est pas que ça, la France. En tout cas en Amérique du Sud, quand on dit qu’on est Français on nous parle d’une seule chose : le Paris Saint-Germain…

La France dans la télé

 

Les rencontres
Dans la pousada Tierra Andina à Tilcara, nous avons passé 6 jours avec tout plein de jeunes Argentins adorables. Spéciale dédicace à Twister, Loucas, Daniella, Katalina,  Camilla, Marina et Sol, que nous attendons à Paris!

Con Camilla y Marina

 

État des lieux après 8 mois 
Ça y est, on est des vrais routards ! Des vrais de vrais, hein ; moult bracelets colorés aux poignets, collection d’autocollants sur l’ordi, passeports qui débordent de tampons et drapeau quechua dans nos cheveux trop longs, on mange des crudités sans problème sur les marchés et on ne réserve même plus d’hébergement à l’avance. Maintenant on débarque tous les cinq du bus comme des fleurs et inch’allah! 

#backpackersattitude
À l’aise, détendus
Au mercado central de Tilcara, notre repas habituel du midi

 

Et l’école dans tout ça?

On ne lâche pas le rythme, mais les salles d’école ne sont vraiment pas réglementaires 😉

A la « gare » de La Quiaca, en partance pour le petit village de Yavi

 

What’s next?

Eh bien voilà, nous quittons l’Argentine pour de bon cette fois. En près de 3 mois, nous l’avons « grignotée » aux 4 coins, comme un petit Lu (on vous a mis une carte tout en bas pour bien comprendre). Nous en avons vu des lieux emblématiques – de Buenos Aires aux chutes d’Iguaçu en passant par le Perito Moreno et la montagnes aux 14 couleurs – sans jamais traverser ce pays immense. La pampa, ça sera pour une prochaine fois, et nos amis bordelais ou malakoffiots, futurs voyageurs au long cours, nous la raconteront – n’est-ce pas 😉

En rouge, nos grignotages de l’Argentine

 

En route maintenant pour la Bolivie, ses montagnes et ses couleurs. On est très contents de découvrir ce pays qui nous attire depuis très longtemps, avec une grande  première : l’arrivée dans un pays ni en avion, ni en bus mais… à pied, tout simplement. À voir ci-dessous! 

À bientôt !

Suzie, Nino, Lucas, Caroline & Marc

Les articles publiés en même temps que cette gazette :

La balade avec les lamas, par Suzie

En route la troupe !

Voyages de papier 

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Alexandre
mai 21, 2018 at 10:09 Répondre

Que du bonheur 🙂
Bravo à tous !

MalakFamily
juin 3, 2018 at 19:28

Merci Alexandre 😊 C’est vrai que c’est encore plus fantastique que dans nos rêves…

Marie-Claude
mai 21, 2018 at 10:51 Répondre

Bonjour et merci pour ce super article qui va bien m’aider pour la préparation de notre road-trip en novembre. Ce n’est pas chose facile, j’ai des difficultés à trouver des bus de jour et quant à louer une voiture en sortant de Bolivie, cela semble mission impossible…
J’attends avec impatience la partie Bolivie. Nous avons prévu de faire le chemin dans l’autre sens (Cusco vers Salta) et là encore je galère pour la partie La Paz – La Quiaca !

MalakFamily
juin 3, 2018 at 19:27

On fait tout en bus, il y en a énormément. Il vaut mieux faire des stops pour ne pas enchaîner des distances incroyables, mais sinon c’est très faisable. On peut vous envoyer des infos par mail sans problème. Bonne préparation de voyage !

Danièle et Jean-Louis Coquin
mai 21, 2018 at 15:11 Répondre

La Bolivie, j’en rêve !
Profitez, profitez…

Mamou
mai 21, 2018 at 16:32 Répondre

Viva Argentina ! Vous quittez un pays qui restera à jamais dans mes plus beaux souvenirs, un pays multicolore, ses sites grandioses , son histoire bouleversante et ses habitants extremement accueillants . Merci de m’avoir fait revivre ce coin du monde qui m’a tant séduite ! muchos besos a toda mi querida familia

Les amis bordelais
mai 21, 2018 at 21:46 Répondre

Si vous avez mangé les 4 coins, alors on en reprend un en entier et on va aller se le manger un peu plus tard…. promis on vous racontera 😘😘😘😜😜

Sandrine SL
mai 22, 2018 at 15:30 Répondre

Le soleil s’est caché à Malakoff mais qu’importe vous m’en apportez tellement…
Délicieux moment de lecture comme d’hab’ et là j’avais de quoi faire. Je suis devenue accro, mieux qu’une série Netflix.
Plein de bisoussss

MalakFamily
juin 3, 2018 at 19:23

Roooooh ça c’est gentil ! On ne connaît pas le scénario à l’avance du coup pour nous aussi c’est palpitant !

Alice Emilie et Gérald
mai 26, 2018 at 21:55 Répondre

Vous êtes chanceux…pour nous les 14 couleurs étaient dans les nuages…merci pour vos photos, maintenant on sait ce qu’on a loupé 😉
Bises
Triolimario

MalakFamily
juin 3, 2018 at 19:22

Oui quelle chance c’est vrai ! On marche sur vos traces, mais pas sûr qu’on ait du soleil tout le temps…

Emmanuelle C
mai 31, 2018 at 00:43 Répondre

J’adore lire vos récits ! Quelle aventure fabuleuse … Allez vous réussir à rentrer ?!

MalakFamily
juin 3, 2018 at 19:21

Ha ha c’est la grande question… mais le retour aussi sera une fantastique aventure ! Merci de nous lire Emmanuelle 😉

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