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Retour un instant sur notre découverte des vins sud-africains. En nous baladant pendant 3 jours dans la région de Stellenbosch et Franschoek, nous avons bien visité et bien dégusté – au sens premier du terme ! Et comme nous étions hors-saison nous étions à chaque fois seuls avec l’œnologue du vignoble et donc très bien reçus, avec des dégustations sympathiques et généreuses. Petit debrief des domaines visités.

 

Le plus marketé 
Le domaine de Morgenzon a trouvé LA bonne façon de se différencier. Les vignes sont chouchoutées avec… de la musique classique ! Véridique, nous avons testé : des baffles sont installées autour des premiers pieds de vigne derrière la propriété, et diffusent du Chopin (ou peut-être du Mozart, ou alors du Berlioz…. ARRRRRG avouons-le : on est archi nuls en musique classique, pardon cher cousin). Bref, la duchesse de Morgenzon file la métaphore lyrique jusque dans les toilettes du domaine, tapissées de partitions anciennes, et sur les étiquettes des vins.

 

La question qui fâche maintenant : est-ce que ça marche ? Le discours de Richard l’oenologe était très clair : « les racines sont plus profondes car les vignes se sentent bien et grandissent calmement en écoutant la musique, et ça se sent dans le vin ». Bon, notre avis est assez différent : le Chenin Blanc que nous avons goûté était comme la musique… tout à fait classique !

 

 

Le plus Bordelais
Le Domaine Hartenberg s’est spécialisé dans le cépage Merlot et Cabernet Sauvignon, propre à nos régions bordelaises, et a laissé de côté il y a quelques années le pinotage local pour « attaquer » le marché américain. Les vins sont corrects et bien faits mais manquent de complexité et d’authenticité. Nous sommes Français et donc forcément experts ! Blague à part, nous étions venus goûter du local et ce domaine-là est trop lisse pour les grands explorateurs que nous sommes… 

 

 

Le plus pinoté
Voilà ce que nous étions venus chercher : goûter le cépage local, mélange de Pinot noir et de Cinsault, créé par un certain Monsieur Arnold (Français huguenot) au XVIIe siècle. Ce cépage convient bien au terroir sud-africain et permet une maturité précoce.

Au domaine de Belheim nous avons particulièrement aimé le Pinotage 2012 dont nous avons bu la dernière bouteille au fin fond du bush, pour accompagner un bon braai. La propriété est moins clinquante que d’autres mais réserve un petit jardin adorable derrière le rest
aurant. Et les vignes sont très belles.

 

 

Le plus classe
Nous avons déjeuné avec nos amis français qui vivent dans la région au domaine Rust en Vrede. Le soir les enfants n’y sont pas acceptés, les nôtres avaient donc été hyper briefés !
Le repas était délicieux, et le shiraz servi à table était tout simplement le meilleur que nous ayons goûté. Charpenté, complexe, il nous a régalés de ses saveurs de fruits rouges confits. Le lieu était à la hauteur du vin ; restaurant raffiné et paysage splendide de vignes en hauteur avec les montagnes en arrière-plan.


Le petit plus historique : c’est un vin de ce domaine qui a été servi lors du repas de remise du Prix Nobel à Nelson Mandala en 1994 – sur la demande express de celui-ci.

 

 

 

 

En bonus 

  • A savoir : La plupart des cépages existant dans cette région sont arrivés en même temps que les familles huguenotes fuyant la France post-Saint Barthélémy. On retrouve donc beaucoup de saveurs de chez nous.
  • Pour déguster : Les dégustations en Afrique du Sud sont payantes (100 rands soit 6€ pour 4 vins par exemple).
  • Ce qui nous a plu : Tous les domaines font de gros efforts sur l’environnement ; on a vu autour des vignes de très belles fleurs, des écureuils, des pintades et même… des paons magnifiques !
  • Ce qui nous a dérangés : l’impression, en visitant ces grandes maisons toutes blanches et d’inspiration hollandaise au milieu des vignes, de se retrouver dans une propriété du Sud des Etats-Unis avant la guerre de Sécession. On s’attend presque à voir sortir Scarlett O’Hara sur le perron, contemplant ses champs de coton…
  • Ce qui est top pour des Français : le rapport qualité/prix est évidemment parfait pour nous ; le premier prix d’une bouteille achetée au domaine est de 100 rands environ, prix imbattable en France pour un vin de qualité.
  • Ce que les enfants ont aimé : la table de dégustation au plateau tournant, et leur père « sniffant » le vin puis le recrachant dans les grands seaux griffés des domaines.

 

EN BONUS : Et dans les assiettes alors?

Pour satisfaire la demande de nos lecteurs gourmands, voici en images les meilleurs plats qui ont accompagné nos belles bouteilles. Les photos ne sont pas très jolies, mais à déguster c’était divin !

Street food en force à Cape Town : ici au Local Food Market de Woodstock avec ici une délicieuse salade au thon fraîcheur
Burger au porc braisé – crème balsamique, toujours au Local Food Market
Et une petite tartine poulet / tomates / fêta pour caler tout ça. Le Local Food Market, nu endroit aussi dingue pour les papilles que le Time Out Market de Lisbonne, pour les voyageurs qui aiment les bonnes choses 😉
Ravito à la chocolaterie !
Un « long steaw chicken », mijoté des heures au superbe domaine de Babylonestoren et présenté dans un petit pot fermé par une croûte de page feuilletée. Yummy yummy !
Le « bobotie », plat traditionnel sud-africain : un pain de viande épicé, cuisiné par Manda, dans le campement Amanzilotzi. Un régal, bien mieux en bouche qu’en photo !
Le « Mandela’s chicken », la recette préférée de Madiba : un curry de poulet sucré-salé. Dégusté dans le bush… un délice.
Un repas à la maison, à base de garlic bread / sobrasada / olives, tout ça venu de Babylonestoren. Trop bon !
Last but not least… la photo la plus moche pour les saucisses les plus traditionnelles, cuites au braai bien sûr! Il fait nuit à 18h alors les barbecues se font das le noir, pas simple pour les images 😉

 

Et sinon

  • On a aimé : le steak d’autruche et les petits bâtons de viande séchée (autruche ou bœuf) pour les pique-niques. Et évidemment pour les enfants, les beef burgers dispo partout dans les grandes villes
  • Le vraiment pas bon : ces petits trucs soufflés qu’on avait achetés pour l’apéro, à la saveur jambon, qui se sont avérés être d’ignobles morceaux de graisse de porc version pop-corn. A-TRO-CES.

Bon appétit !

 

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Akelwood
octobre 5, 2017 at 10:10 Répondre

J’aime bien le A-TRO-CES des soufflés lol!

Laure
octobre 5, 2017 at 12:15 Répondre

Ma parole, vous avez sûrement suivi les cours d’oenologie de Anne-Laure !!! alors pourriez vous m’indiquer les « reflets » et la « robe « ??? ca manque….
Je vous embrasse

Marion (la grande)
octobre 5, 2017 at 14:42 Répondre

Saurez vous aussi bien déguster les riz de Mada ? bravo pour cette salivade, et merci ! PLein de bises

Katamalak
octobre 6, 2017 at 10:30 Répondre

Merci, j’ai l’impression d’avoir bu et mangé avec vous! Bises

Madinerisoul
octobre 6, 2017 at 12:45 Répondre

Vive les huguenots et leurs cépages!
Le prochain restaurant de Marco nous réservera sûrement de belles découvertes !
Bravo pour ce nouvel article qui a chatouille mes papilles!🍷

Sylvie Risoul
octobre 6, 2017 at 18:10 Répondre

Ça donne envie de goûter à tout! Sauf ce qui vous a dégoûté .
Que de bons repas vous allez nous faire à votre retour!

Jacques MARTINEZ
octobre 7, 2017 at 09:54 Répondre

J’en ai les papilles qui frissonnent ! Bon, j’avoue que j’aurais fait l’impasse sur quelques spécialités culinaires mais pas les vins.
Et maintenant, le zébu !…..
Moment de franchise : est-ce que certains quartiers de Tana ne vous font pas regretter les jolis « Townships » ?

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