ENTREZ VOS MOTS CLES

Vous voyez la photo, là, en une de cet article? Et bien c’est là, pile poil. Notre antipode. A cet endroit précis, si on plongeait sous l’avion, si on descendait très très loin jusqu’à toucher le fond, et si on creusait tout droit sans s’arrêter, en traversant toutes les couches de croûte, de manteau, de noyau, de re-manteau et de re-croûte, on sortirait de notre trou à peu près… sur la place de la mairie de Malakoff!

On avait noté cet endroit depuis des mois, grâce au site Antipodesmap (essayez pour votre ville, c’est très surprenant). Et donc l’antipode de Malakoff c’est là, dans l’océan, à l’est de la Nouvelle-Zélande. En ce moment, alors que nous volons vers Buenos Aires après avoir quitté Auckland il y a quelques heures, nous sommes au point le plus éloigné de notre ville, on ne pourrait pas aller plus loin.

Alors à cet instant précis, tous les 5 dans l’avion, on prend un petit moment et on fait ce petit chemin en pensée… donc si on creusait, on sortirait sur la place de la mairie et ce serait jour de marché. On passerait devant l’école maternelle Jean Jaurès, où on a déposé un enfant chaque matin de chaque semaine ou presque pendant 8 ans. Comme d’hab, on rencontrerait Bandana Dog, le petit chien du marchand de DVD qui a toujours un foulard autour du cou (le chien, pas le monsieur). On laisserait un ou deux enfants à la bibli pour bouquiner des mangas sur les coussins orange et vert, ou bien assis sur la moquette c’est encore mieux. Sur la place il y aurait peut-être le Lady Pénélope, où on a dépensé des fortunes en tours de manège. On enverrait Nino au stade Lénine voir si Elouan ne serait pas en train de taper le ballon avec Moussa. On se re-re-re-re-dirait que quand même, ce serait bien de trouver un autre nom pour notre stade de foot préféré… Près du stade les enfants sauteraient dans les bras de leurs anims adorés, Yanis et Kamel les rois du show, et Soumia à qui on pense souvent quand il faut qu’on range notre « zbeul ». On passerait devant cette maison unique au monde, avec des dizaines de peluches dans le jardin, selon les saisons ; des araignées, des serpents et des sorcières en novembre ; des lapins et des poulettes au mois d’avril. Il faut monter les petits enfants sur le muret, et c’est parti pour le spectacle. Au marché couvert on irait acheter des brocolis, du fenouil et des carottes chez les petites productrices bio où y’a toujours la queue, puis on choisirait un gros morceau de cabillaud chez Arnaud le poissonnier, et on aurait comme chaque dimanche des crevettes ou un petit hareng en prime.

On ferait notre petit tour du quartier, comme d’hab. On passerait dans le petit parc où les enfants ont appris à marcher et où on fait des pique-nique l’été. On regarderait le programme des ateliers d’écriture du Petit Larousse, depuis le temps qu’on se dit qu’il faut y aller pour de vrai. On irait claquer la bise à l’atelier des créateurs avec sa caverne d’Ali-Baba vintage en essayant de ne pas céder à la tentation. On cèderait, allez c’est pas vraiment pour moi, c’est pour aider une petite créatrice talentueuse. On sonnerait chez Charlotte pour savoir si le départ en classe de neige s’est bien passé, et pour la remercier des super conseils de lecture – lire « Bluff » en Nouvelle-Zélande fut une très belle expérience. On reprendrait l’avenue Larousse qu’on connaît par coeur – la papeterie pour acheter l’Equipe, les pizzas de chez Mario, à droite le petit restaurant de la maman des jumeaux. On passerait chez Sophie acheter la Farandole qui nous manque tellement depuis 6 mois, avec sa mie bien tendre et sa croûte bien croquante. Ensuite on pousserait la porte de Nasser et Roland. Dans leur librairie, on choisirait une bédé, comme d’hab. Et on les remercierait mille fois pour ces livres qu’ils nous ont offerts pour notre départ. Certains nous accompagnent encore, d’autres font la joie des enfants de Madagascar, alors merci messieurs. En revenant vers la place on passerait devant notre appart et on lèverait la tête pour apercevoir à la fenêtre l’une de nos 3 locataires. On vérifierait qu’on n’a pas oublié le code, on avancerait jusque dans le couloir. On entendrait de la musique au fond de la cour, chez Franck et Lucy, une musique pleine de soleil. On tomberait sur nos voisins du 3e étage Françoise et Richard, on leur donnerait des nouvelles de leur fiston qu’on a embrassé à Sydney. On aurait envie de sonner au 1er mais on le ferait pas. On pousserait jusqu’à nos anciens bureaux de Casaco, pour demander aux Fabriqueurs de réparer notre frontale, et on ne verrait dans l’open space que des gens sympas et contents, comme d’hab.

Pendant ce tour de notre quartier-village on se serait arrêtés 1000 fois. Si on était dimanche on aurait croisé tout le monde ; le directeur de l’école qui irait chercher son pain, Chloé et Kanae bras-dessus bras-dessous, Guillaume et Elodie – notre première rencontre de parents à Malakoff, Estelle et Marion courant à l’atelier finir une robe, Chris, Katalyn et les filles en roller. On aurait fait la bise à la maîtresse de Suzie, Super-Valérie qui nous écrit des lettres avec tous les enfants de grande section, puis à Paolo en route pour rejoindre Lucas à la bibliothèque, et après au papa d’Ulysse, Émile et Anna avec son caddie hyper rempli. On aurait aperçu Annick ou Magali filant à vélo, Carine dans la queue de l’Intermarché – rêvant à son futur tour du monde, et Chacha avec sa poussette. On aurait parlé boulot avec Caro, Céline et Vincent, école avec Valérianne. En sortant on aurait salué Béa, qui a vu grandir nos 3 loulous dans ses sections à la crèche. Dans la queue de la boulangerie on aurait croisé Sandrine la maman de Joséphine, on l’aurait remerciée pour ses commentaires fidèles sur le blog. Et juste après on aurait répété la même chose à Awa, qui nous a écrit qu’elle voyageait avec nous et ça nous a fait bien plaisir.

Et bien sûr, en revenant sur la place, en ce petit matin tranquille, on irait au Bar de l’Hotel de Ville, ou à la cave des Vins d’Auteurs, comme d’hab. Pour ce café du matin, il y aurait tout le monde. Jérôme aka Diligence et notre Queen MH, FredMan et Fred(Wonder)Woman les stars du BBQ, les Grognons qui ne le sont tellement jamais, Picouillou qui écrit si bien et chez qui on a si bien squatté avant le grand départ parce qu’on n’avait plus d’appart, les Mélabru notre famille jumelle, Suzanne&Jean-Fran et leur porte toujours ouverte, Christelle et nos concours de boucles d’oreilles, Anne-K et ses lunettes/ses chaussures/ ses écharpes extraordinaires. C’est la bande du Bar de l’Hôtel de Ville parce que c’est là que tout a commencé, y’a qu’à demander à Djoug. C’est la bande du BHV, c’est notre bande.
Et puis bien sûr il y aurait tous les enfants, les mini-BHV, ces coquinous plus nombreux que les parents. Une ribambelle de franges, de sourires, de baskets, de skates et de ballons de foot avec des bouilles qu’on trouverait tellement changées… On les serrerait tous fort dans nos bras, les petits et les grands. On leur montrerait les bracelets qu’ils nous ont offerts la veille du grand départ en nous faisant sortir les larmes, et qui sont toujours bien accrochés à nos poignets. Ils nous raconteraient la méga teuf d’hier soir, et nous donneraient des nouvelles du collège, de la colo à Mégève et des nouveaux magasins dans le quartier. Surtout ils nous parleraient de toute cette neige incroyable qui a recouvert la place le mois dernier et qui a changé pendant quelques jours le visage de Malakoff. On saurait plus trop par quoi commencer pour leur raconter notre aventure. Et puis on parlerait de tout et de rien, comme d’hab. Des grands projets très importants et des petites choses du quotidien, celles qu’on pense insignifiantes mais qui font la vie. C’est notre bande, quoi, la bande du quartier, celle qu’on voit tous les jours, le matin pour le café et le vendredi soir pour l’apéro ; une bande fêtarde et généreuse où il y a toujours quelqu’un pour vous dépanner d’un flacon de Doliprane-Bébé un samedi soir, récupérer à l’arrache un môme à la garderie, proposer une fête pour réchauffer l’hiver ou vous inviter à diner tous les soirs avant votre tour du monde. Elle est chouette notre bande.

Quand on parle de notre ville tous les 5, on se dit que Malak nous manque, et qu’on sera contents de retrouver la place, notre appart, nos petites chambres, notre canapé Ikéa et nos petites habitudes. Le train-train quoi. Mais surtout, ils nous manquent tous nos potes, ceux de Malak et ceux d’ailleurs, nos amigos de partout en France. On creuse pas mais on vous embrasse les amis <3

share
Laure
mars 4, 2018 at 11:10 Répondre

Je m’demande si c’est pas le texte le plus émouvant lu un dimanche matin pluvieux….. Comme quoi, en creusant des antipodes, on voit de très loin que le « train-train » brille sacrément à Malak et que c’est – aussi- un super tour de monde !
Merci pour tout – Je vous embrasse
Laure

marionsister
mars 4, 2018 at 13:54 Répondre

Wouah ça noue la gorge sister!
Et c’est vrai que.. même si elle n’est qu’à l’autre bout de la France, la vraie bande de copains qu’on connait/et qui nous connait par coeur… ça manque!!!
Fantastique idée que vous avez eu de chercher votre antipode, et quelle chance que le hasard vous permette de passer au dessus en avion!!! quelle expérience dingue!!
Bisous!

Bernard Rothé
mars 4, 2018 at 17:27 Répondre

Merci pour ces merveilleux articles qui nous transposent dans d’autres mondes, aux antipodes de notre quotidien ici en France. ( à propos en creusant depuis Mens ce serait l’océan, je préfère quand même nos montagnes). Continuez à vous enrichir de découvertes de paysages, de rencontres et de nous fasciner. Bravo à tous pour vos talents littéraires, votre passion et la joie qui rayonne sur vous.
Bernard

Noelle et Philippe D.
mars 4, 2018 at 17:43 Répondre

Encore une trouvaille, que cette recherche de « son » antipode ! Génial le site  » antipodesmap ». ! Merci ! Depuis Guillestre, nous pataugeons dans le Pacifique Sud !..
.
Et cette nostalgie du « Home, sweet home », de la famille et des copains, comme nous l’avons ressentie aussi, au bout « d’un certain temps »…particulièrement dans les contrées les plus lointaines, dans les conditions difficiles des 5Otièmes hurlants, dans le passage de Drake vers la Péninsule Antarctique, ou sur la banquise de l’Océan Arctique, en train de dériver au Nord de Thulé, entre Canada et Groenland, ou bien grelottant, tout habillés, sous quatre couvertures, chez l’habitant, au sommet de l’île de Taquilé sur l’incontournable Lac Titicaca (joie de nos vieux bouquins de Géographie des années 50…), ou encore vivant une nuit d’enfer sous la tempête de sable, en bivouac dans le Sahara sud algérien…marmonnant tout bas : « mais qu’allait-on faire dans cette galère ! »…
Vous voici à mi-parcours, avec, derrière vous, une moisson de souvenirs impérissables et, devant vous, une multitude de nouvelles aventures à engranger… Continuez bien ! NOEPHI

Marie
mars 4, 2018 at 18:28 Répondre

Homesick?
Suis sûre que ce moment de nostalgie à vite cédé la place à l’incroyable découverte de l’Amerique du Sud. Vous avez encore Le temps d’en profiter!! Alors foncez!!!!

Carine
mars 4, 2018 at 20:13 Répondre

Wahou, c’est beau, c’est touchant, et tellement vrai… Effectivement Jules était avec Elouan en train de jouer au foot, eloi revenait de la colo de Megève. Et nous on pensait a notre tour du monde… Que ça passe vite!! On vous suit avec beaucoup de plaisir, tu racontés tellement bien le récit de vos aventures. C’est vraiment chouette d’avoir de vos nouvelles. Continuez bien votre trip, et a très vite pour la suite en Amérique latine… Trop hâte de vous lire! On vous embrasse fort. Carine, Lucas, Jules et Eloi

Madine
mars 4, 2018 at 20:48 Répondre

Une pause au milieu de la planète, une pause au milieu de votre tour du monde , et ce moment de nostalgie bien compréhensible ,si émouvant et si bien décrit …On se croit sur la place et dans les rues de votre ville..
Mais vous voilà déjà repartis à l’aventure et à la découverte de l’Amérique du Sud !
Profitez à fond !!
je vous embrasse tous .

christelle boulanger
mars 5, 2018 at 16:38 Répondre

Merci les amis pour ce beau moment de lecture.
Continuez à nous faire rêver avec votre belle aventure en famille.
Mon petit coeur a picoté en vous lisant.
Gaston aurait aimé que vous creusiez un tunnel entre notre antipode et Malak. Pour le plaisir de retrouver son copain Nino un court instant et peut-être aussi pour aller barboter un peu dans le pacifique.
Profitez bien de l’Amérique du sud.
Des bisous

sylvie Risoul
mars 6, 2018 at 15:02 Répondre

Quel village Malakoff!, on s y croirait et ca donne envie ďy vivre!

odette T
mars 6, 2018 at 15:56 Répondre

Hyper bravo, Caro , pour cette belle nostalgie.. Notre prochain voyage : Malakof. Y a t’il un hôtel sympa? Vous voila au Brésil. Je pense bien à vous et calinez bien ma petite sœur, elle en a besoin en ce moment.
Je vous embrasse très fort tous les 7.
Odette

gay guichardaz
mars 6, 2018 at 20:30 Répondre

vous avez de vrais talents d’écrivains! quel régal de vous suivre… je me mets dans la fille d’attente des nombreux qui viendront se faire dédicacer votre futur roman d’aventures et de souvenirs , de douceur familiale et de petit morceux de vie du bout du monde aux antipodes ou pas
Bravo et merci
Fabienne
Spéciale dédicace pour Suzie

Carlier bea
mars 10, 2018 at 21:03 Répondre

Un petit coucou de malakoff , c est avec plaisir que je suis votre grande aventure!! On voyage aussi bonne continuation et à bientôt biz 👋

Bruno
mars 11, 2018 at 11:02 Répondre

Gros bisous les baldetche

Sandrine SL
mars 12, 2018 at 20:15 Répondre

Si tu n’écris pas le récit de votre voyage à ton retour, je vais bouder. Je vais être obligée de retenir ma respiration jusqu’à ta publication. Mais je suis bête tu l’écris déjà n’est-ce pas…?
Nous sommes seulement Quelques Joyeux (Happy Few) à vous suivre et je goûte à chaque fois mon, notre privilège.
Au milieu de ce voyage magnifique, cette pensée pour tous les potes restés surveiller vos pénates malakoffiotes, c’est tellement, tellement, tellement… non mais alors là je suis trop émue. Je suis comme une enfant qui dirait « regarde je passe à la télé ! » Merci Caro. On vous embrasse tous très fort.
Y viva América del Sur

Estelle
mars 13, 2018 at 22:49 Répondre

Ça y’est, vous avez shopé la saudade !
Bizzz
Estelle

Morgane
mars 22, 2018 at 14:11 Répondre

Quand j’ai découvert par le site la ville qu’une famille de Malakoff partait faire le tour du monde je me suis empressée de venir ici voir cette aventure.
Quelle chance, quelle folie, quels moments familiaux inouïs.
Et quelle émotion de lire que même loin, ce si spécial esprit de Malakoff vous tient profondément.
Alors de la place du marché nous vous envoyons les bonnes vibes de notre ville
Beau voyage

ARTICLE SUIVANT

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.