ENTREZ VOS MOTS CLES

On a tellement bien fait de craquer et de prendre un billet pour la Patagonie! Voir le Perito Moreno était un rêve dans le rêve, et ce fut encore mieux que ce qu’on avait imaginé… Pendant cette douzaine de jours, on a dévoré avec voracité chaque moment de notre passage dans les terres australes. C’était bien sûr trop court – et pas toujours simple- mais ces montagnes nous ont fait planer ! Voici donc notre 19e Gazette du Tour du Monde.

 

Mission Patagonia
le gros programme :  3 jours de voyage pour aller de Rio de Janeiro à El Calafate : 2 avions (4h puis 3h), 2 bus (3h puis 7h) et 3 réveils entre 5h30 et 6h. La Patagonie, ça se mérite 😉

nos 2 rêves :  rencontrer un des plus beau glaciers de la Patagonie Antarctique – le Perito Moreno, et faire une jolie balade en montagne.

le handicap : l’impossibilité de retirer de l’argent dans les distributeurs chiliens à notre arrivée, puis une de nos CB bloquée. On ne vous l’avait pas dit, mais on a voyagé 3 mois avec une seule carte bancaire, l’autre ayant été avalée à Bali. Merci à la famille qui nous a apporté une remplaçante à Buenos Aires. On aurait eu un gros gros problème en Patagonie sans cette 2e carte… Bref, on s’en est très bien sortis.

 

 

Ce qui aurait pu tout faire rater 

On n’a pas fait beaucoup d’erreurs logistiques depuis le départ, mais cette fois, au départ de Santiago du Chili pour Punta Arenas, si. Avec la fatigue, on n’a pas double-checké l’horaire de l’avion. C’est dans la navette à destination de l’aéroport, à 6h, qu’on s’est aperçus qu’il ne décollait pas à 7h15 mais à… 6h45. Donc course contre la montre avec les sacs à dos, hôtesse au sol compréhensive qui nous fait des cartes d’embarquement express sans enregistrer nos gros sacs, sacs partis en cabine avec nous. Mais Monsieur Vérificateur des Bagages pas compréhensif du tout avec notre couteau suisse adoré, qu’il a fallu lui laisser avant d’embarquer. On était très dépités, car c’était un de nos objets indispensables, avec une grande valeur sentimentale car il nous avait été offert. Mais on a eu l’avion.

En route pour la Patagonie…

 

Les premières impressions 
Incroyables. Ce froid sec en arrivant à Punta Arenas, tout au bout de l’Amérique du Sud (plus au sud c’est Ushuaïa mais on n’a pas poussé jusque-là), ces petites maisons de couleur en tôle qui ressemblent à des préfabriqués, ce fameux vent de Patagonie à défriser les guanacos (et les Caroline), ces interminables steppes arides aux courtes herbes dorées, ces gauchos qu’on aperçoit parfois au loin dans une plaine… tout concourt à donner à cette région une ambiance de bout du monde. D’ailleurs on y est allés, au bout du monde, et on a même réalisé qu’ on a tourné autour de l’Antarctique… quel kif !

A Punta Arenas
En remontant vers El Calafate
Les plaines, le lac Argentino et les montagnes enneigées
Vive le vent, vive le vent, le vent de Patagonie… qui a emporté Nino !

 

On a adoré…
Mettre des doudounes. Après 6 mois d’été, et la chaleur torride du Brésil, ça nous a paru l’exotisme ultime. On a même acheté des BONNETS et des GANTS, fabuleux ! 

 

Elle nous avait manqué…
Surtout aux enfants, étonnamment nostalgiques des batailles dans la cour d’école quand ils avaient vu les photos de Paris tout blanc cet hiver. Elle nous a comblés quand nous l’avons découverte depuis l’avion : la neige ! Voir la Cordillière des Andes depuis le ciel est un spectacle qui devrait être remboursé par la sécurité sociale : tant de force brute, de blancheur éblouissante, de puissance et de sérénité à la fois, ça vous calme en un instant. Des sommets enneigés, des glaciers immenses, avec de gros morceaux tout blancs qui flottent dans les lacs d’un bleu profond : que la montagne est belle…

 

L’immanquable musée

Un musée en Patagonie, porque? Le plus intéressant est à l’extérieur, certes, mais le glaciarium d’El Calafate est vraiment une expérience passionnante si l’on veut mieux comprendre la formation des glaciers du monde entier, et ceux de la Cordillère des Andes en particulier. On a ainsi appris que le Perito Moreno est l’un des seuls glaciers de Patagonie qui ne recule pas ; il avance même rapidement, de 2 mètres par jour! Un musée très ludique avec plein de maquettes et des vidéos qui nous ont montré des images de la fameuse « ruptura » de l’arche du glacier, qui se produit à intervalles irréguliers. La dernière rupture a eu lieu en mars, quinze jours exactement avant notre venue. Et ne croyez pas les vidéos sur Youtube qui vous la montrent en plein jour : ce sont des fake. La rupture 2018 a eu lieu en pleine nuit, en pleine tempête, et personne n’y a assisté, à l’immense déception de tous les gardes du parc naturel qui l’attendaient depuis des semaines! En 2016 en revanche, elle avait été filmée, vous pouvez la voir ici, c’est très impressionnant.

 

Le plus beau show du monde

Foin de suspens, venons-en au fait. Et pesons nos mots : le Perito Moreno est simplement le spectacle naturel le plus grandiose que nous ayons vu de notre vie. Entière. On ne s’en remet toujours pas. Notre journée au pied de ce glacier – en bateau puis en marchant- restera dans nos têtes pour toute la vie. Il a fait un temps magnifique, les couleurs étaient incroyables, le glacier est stupéfiant par son gigantisme. Et surtout, par ses bruits incessants qui le rendent vivant. On a été hypnotisés, très très émus, et très reconnaissants à la vie d’avoir la chance de contempler « en vrai » ce géant de glace. C’était dingue. On vous raconte notre rencontre avec le Senor Perito Moreno ici, et attention les yeux : il y a même une vidéo !

 

Un spectacle unique…
Avec les blocs de glace détachés, qui ressemblent à des mini-icebergs une fois dans l’eau…
On voit bien, entre le glacier et la rive, l’emplacement de feue l’arche de glace – qui s’est rompue pendant la ruptura »
Le Perito vu d’en haut

 

La rando la plus « you-ouh »

Une super balade de 5h -parfaite pour les enfants- qui part du petit village d’El Chalten pour nous mener jusque devant le fameux Fitzroy, le sommet mythique de la Patagonie argentine, un petit glacier tout bleu, et un beau lac de la même couleur. Il faisait frais, il faisait beau, on était super heureux d’être en montagne, et tout le monde a bien grimpé. Un super souvenir.

La montagne ça nous gagne !
Môssieur Fitzroy

 

 

La rando la plus « aouch »

Une balade de 4h dans le froid et surtout le vent – ce fameux vent à décorner les boeufs qui se lève n’importe quand et n’importe où, en plaine ou en altitude. Arrivés en haut, en plein zef, on a expédié le pique-nique mais on a sacrément pris l’air. Les 3 membres de la famille qui mesurent moins d’1,50m (pour ne citer personne) n’ont absolument pas compris l’intérêt de grimper aussi longtemps pour voir un panorama complètement bouché par les nuages et se geler le bout des doigts en grignotant des chips. Les 2 autres ont adoré. Il faisait froid, il ne faisait pas beau, les parents étaient super heureux d’être en montagne, et les enfants ont bien râlé. Un super souvenir.

 

La rando la plus « coooool »

Après ces deux balades intenses coup sur coup, on a ralenti le rythme pour une balade à la coule, à plat ou presque, jusque vers une jolie cascade naturelle. Même après avoir vu les chutes d’Iguaçu, on est toujours contents devant une cascade. Parfois on se dit qu’on n’a pas un grand sens critique, qu’on est toujours épatés par ce qu’on voit et qu’on est peut-être bêtement des « ravis de la crèche ». Mais franchement, cette petite cascade après cette petite balade, au milieu des couleurs que donne l’automne aux arbres de Patagonie, c’était tout simplement beau.  Un super souvenir.

 

Les animaux que vous ne verrez pas en photo

En Patagonie, on a vu des nandous maladroits – sorte d’autruches locales -, des guanacos paisibles- des camélidés de la famille du lama, mais moins poilus et plus athlétiques, et des condors magnifiques. Mais nous les avons aperçus souvent depuis les (très nombreux) bus que nous avons pris, et donc bien trop loin pour qu’on puisse les photographier… Il faudra revenir pour ça (aussi). En revanche certains d’entre nous ont vu un drôle d’animal dont les enfants vous parleront bientôt #teasing…

Les guanacos et les nandous dessinés par Nino pendant un (très) long trajet en bus

 

Les rencontres

On a croisé plein de jeunes couples baroudeurs, qui bivouaquaient dans les montagnes. Chapeau, les jeunes ! Spéciale dédicace à Pierre et Pascaline qui sont montés avec leur tente le jour du grand vent. Et petite pub pour le compte Instagram de Pierre, Lillois voyageur, qui publie de superbes photos – d’Amérique du Sud et d’ailleurs.

Et une rencontre rigolote à Punta Arenas, au bout du bout du monde, avec Ian, 3 ans, qui nous a appris plein de noms d’animaux et a adoré nos Lego.

Nuestro nuevo amigo

 

LE POISSON d’avril de circonstance 

On n’a pas pu s’en empêcher : évidemment, on (les parents) a fait croire aux enfants qu’on rentrait plus tôt en France – pour les remettre à l´ecole et au collège après les vacances de Pâques. Les 3 ont eu l´air tellement bouleversés qu’on n’a pas réussi à tirer la ligne du poisson très longtemps!

 

Le moment philo

De la philo, on en fait un peu tout le temps sur les routes, en se posant ensemble plein de questions. Et à Punta Arenas, tout au bout du monde, on a flâné un long moment dans le grand et beau cimetière de la ville, rempli de grands mausolées, de beaux arbres et de grandes allées fleuries. On a eu de longues conversations sur la vie, la mort, la maladie, Dieu, les différentes façons de vivre et d’accompagner la mort selon les cultures, les religions et les convictions très personnelles de chacun. Ce fut un bon moment tous ensemble, avec bien sûr plein d’interrogations… sans réponse!

 

Les couleurs de l’automne

Et oui, après des mois et des mois d’été, c’est l’automne par chez nous! On a adoré voir des dégradés de jaunes, orangés, rouges dans les montagnes et dans les petites villes. 

 

Un grand merci

… à El Chalten Backpacker Hostel, la grande auberge de jeunesse très sympa où nous sommes restés plusieurs jours : Suzie y avait oublié sa licorne, que nous avons retrouvée le lendemain sur le bar de l’accueil, en pleine forme.

Dîner classique pasta-oignons-parmesan (sans sauce tomate, c’était la dèche…)
🦄 🤘

 

Et l’école dans tout ça?

On a repris de bonnes résolutions de ce côté-là. Du coup l’école c’est un peu tout le temps, et surtout partout… même dans les bus et dans les aéroports en attendant de passer la douane! Encore merci à la maîtresse de Grande Section dont la classe correspond avec Suzie, et à la professeur d’allemand qui fait un lien très précieux avec Lucas. Et aux copains qui nous envoient les contrôles de maths 😉

A la douane chilienne…

 

Enfin, notons le super cours d’Éducation Manuelle et Technique de Lucas, qui a souhaité customiser son bonnet noir tout simple. Il a donc lui-même COUSU son écusson El Calafate, et bien droit en plus. Ah on en apprend des choses en faisant le tour du monde!

Opération couture : done

Mea culpa

Rien à voir avec la Patagonie, mais nous tenons à faire nos excuses à notre cher platypus d’Australie, dont on s’était bien moqué dans cet article (qui avait eu un beau succès d’audience 😉 Grâce à l’excellente application du Monde – La Matinale – que nous suivons régulièrement pour nous tenir au courant des nouvelles du monde (déformation professionnelle), nous avons découvert avec stupéfaction que l’ornithorynque pourrait tout simplement SAUVER L’HUMANITÉ. Une histoire d’antibio dans le lait de Madame. On s’est sentis très honteux. En fait on t’adore Platypus, et t’es super beau !

 

Next step maintenant?

Direction Santiago du Chili pour une dizaine de jours avant de partir dans le Nord du Chili. On quitte la Patagonie en même temps épuisés et gonflés à bloc, avec des paysages superbes dans la tête et plein d’air pur dans les poumons. Pour dire vrai, on s’est dit qu’il fallait vraiment qu’on revienne en Patagonie, mais autrement : au moins 3 semaines, et sans enfants, pour se faire un vrai « trip montagne » ; longue randos dans le parc Torres del Paine au Chili, bivouac et compagnie. On a beaucoup pensé à notre famille grimpeuse et nos amis montagnards – vous le saviez certainement mais on vous le confirme : la Patagonie c’est un voyage fantastique.

Hasta luego, et bon jolis mois de mai à tous 😉

Byebye Monsieur Fitzroy

 

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Marie-France Saint-Marc Girardin
mai 1, 2018 at 10:52 Répondre

Coucou aux voyageurs du bout du monde..

Encore une fois, merci de nous faire partager ce voyage magnifique, vos impressions, votre vie quotidienne avec les enfants qui travaillent à l’aéroport et vos instants profonds de réflexion sur des questions essentielles et existentielles qui se posent à tout un chacun.. Cela faisait un bout de temps que je ne m’étais pas connectée mais, je classe tous vos reportages pour les découvrir et surtout les revoir…Au fait, grâce à vos reportages, je fais des progrès en géographie..Un peu vache le coup du poisson d’avril!!!!!!.

En congrès au Brésil, et à Sao Paulo, je n’ai découvert du Brésil qu’Iguaçu dont je garde des images merveilleuses mais bien moins impressionnantes que la Patagonie..

Je vous embrasse tous

Mamou
mai 1, 2018 at 21:51 Répondre

Que placer vivir de nuevo un espetaculo tan unico ! Gracias a vosotros y muchos besos y que vive nuestro Périto Moreno !!!

Mimie
mai 1, 2018 at 22:25 Répondre

Bon bah j’crois qu’on va aller en Patagonie, ça me fait rêver depuis un moment et là.. franchement, le récit me donne vraiment envie, bisous les tripeurs !.. et merci

Lucy
mai 2, 2018 at 22:01 Répondre

Que de belles aventures ! Les récits sont toujours aussi passionnants. Et quelle coïncidence ! Pas plus tard qu’aujourd’hui j’ai vu un platypus… (empaillé hélas) au Musée de l’homme et j’ai pensé à vous. Sinon, samedi dernier il y a eu de l’ambiance dans l’immeuble : on a essayé de faire entrer notre nouvelle acquisition, une très ancienne (et grande) table de cuisine chez nous. Sauf qu’elle ne passait pas la porte de la cour. Oh ! quelle mauvaise surprise. On a eu beau essayé dans tous les sens, ça coinçait. Richard et François sont venus en renfort, on a même essayé de la passer par la fenêtre du premier étage. Il fallait voir le ramdam, toutes les cervelles qui chauffaient et la table qui « pendouillait » à moitié, tout un système de sangles et de muscles. Rien à faire, ça ne passait pas non plus. Cela faisait presque 2 heures. On était sur le point de se décider à raccourcir les pieds de la belle table quand François a eu l’idée (de génie) de mesurer à nouveau la porte de la cour. Vous n’allez pas croire. La porte est plus large en haut qu’en bas. Et comme François est grand il a mesuré plus vers le haut, logique :-). On redescend la table, on la soulève un peu et hop ! Passé ! Clap, clap, clap, bravo François ! Il ne restait plus qu’à faire un apéro improvisé pour fêter cette belle réussite collective !! Tout le monde était super content ! On refera un apéro pour fêter votre retour dans l’immeuble. Bisous à vous tous.

Mayette
mai 4, 2018 at 13:12 Répondre

Cela nous met délicieusement en appétit, vous avez bien laissé une geocache aux pieds du Fitzroy comme convenu ? Merci les philosophes humoristes (les enfants non mais, après un poisson d’avril pareil vous ne vous êtes pas vengés ???) pour ce teasing merveilleux.
Gros besos à todos

Noelle et Philippe D.
mai 7, 2018 at 09:13 Répondre

Quel bonheur, une fois de plus, de lire vos récits très complets et passionnants et de palper votre joie immense devant ces spectacles naturels époustouflants !
Bravo pour votre formidable organisation familiale et la merveilleuse leçon de vie donnée, à chaque occasion à vos Enfants, dans tous les domaines, tout au long de votre TDM.
Nous n’avions pas eu la chance du Perito Moreno, mais le tour du Spitzberg et la Baie de Disko au Groenland nous avaient également offert des instants à couper le souffle…
Merci pour toutes ces somptueuses photos devant le majestueux Fitz Roy et dans le grand vent de Patagonie…
Vous serez conquis, sans aucun doute, par le Parc Torres del Paine, ses vigognes et guanacos en liberté dans des paysages sublimes agrémentés des quatre saisons sur la même journée !

Avec vous, toujours, en toute amitié. NOEPHI

Jacques MARTINEZ
mai 11, 2018 at 14:29 Répondre

Patagonia : viento mucho viento !… Ils s’en servent même pour illustrer les tee-shirts.

Et Mr. Perito Moreno, un sacré bonhomme que les Chiliens n’apprécient pas bien : à la fin du 19 ème, il a largement contribué à tracer la frontière Chili-Argentine de façon très arbitraire alors que les Chiliens étaient bien occupés au nord dans la guerre du Pacifique contre la Bolivie et le Pérou. Voilà un bon cours de géo-politique à développer avec les enfants.

Hasta la proxima !…

sylvie Risoul
mai 20, 2018 at 18:03 Répondre

Oui la Patagonie donne envie avec ses gaciers,plateaux et sommets fabuleux, mais c’est bien loin…
Sur votre parcours,ç est certain,il fallait y aller…

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