ENTREZ VOS MOTS CLES

Rappel des épisodes précédents : arrivés à Madagascar en pleine épidémie de peste, nous en sommes repartis un peu plus tôt que prévu, et avons donc débarqué à Kuala Lumpur sans aucune préparation. Dans notre « billet tour du monde » nous avions une escale de 24h, que nous avons donc transformée en 13 jours en Malaisie, et on a improvisé! 

Les rois de l’impro… ou pas ?

Voyager sans rien prévoir, c’est :

  • n’avoir aucun guide de voyage en débarquant à Kuala Lumpur (sauf quelques photos du Lonely Planet envoyés en PDF par le frangin – merci Simon !), se débrouiller dans les villes avec des photocopies de plan quémandées dans des boutiques, et prendre quelques notes sur internet (grand merci aux blogueurs qui listent les « top X choses à voir à KL » …)
  • vivre une « journée blanche » qui ne sert pas à grand-chose, le lendemain de l’arrivée ; passer toute la matinée à gérer la logistique de changements d’appart pour rester une nuit de plus à KL, et l’après-midi à essayer pendant DEUX HEURE VINGT-CINQ de réserver des billets de bus pour un trajet KL-Cherating  (5h de voyage pour aller à la mer). Galérer sur des sites web pas clairs. S’engueuler devant l’ordinateur, avec le jetlag qui n’arrange rien. Pendant ces DEUX HEURES VINGT-CINQ, laisser ses enfants regarder sur la grande télé des vidéo-gag d’animaux (stupéfaits, ils ont chronométré, sans décoller de l’écran). Partir déjeuner à 17h30 avec des yeux de calamars.
  • n’avoir pas réservé sur internet pour monter aux fameuses tours Petronas, décider finalement de les regarder d’en bas et de monter dans une autre tour de laquelle on voit les Petronas – et être super contents de cette décision !
  • changer complètement d’avis 2h avant de prendre un bus pour traverser le pays : en regardant la météo, découvrir que les Français rencontrés la veille connaissent vraiment bien la Malaisie et qu’il va vraiment pleuvoir les 10 prochains jours à Cherating. Décider en speed de partir sur la côte opposée… en perdant donc ces fameux billets qu’on avait mis DEUX HEURES VINGT-CINQ à acheter en ligne. No comment.
  • réserver des hébergements « à l’arrache », la veille pour le lendemain, ou le matin même – du coup, ne plus avoir de place dans les guesthouses, se rabattre sur AirBnB, mal lire la description, s’attendre à dormir dans une belle maison avec vue sur la mer en-dehors de la ville. Débarquer dans une méga tour vitrée, au 32e étage (avec vue sur la mer, certes) collée à un centre commercial géant ouvert l’avant-veille et rempli à 2% #momentdesolitude 
  • être déçus de ces hébergements à l’arrache, dans des tours malaises ou dans des hôtels classiques, qui ne nous permettent pas de rencontrer du monde ; ni des locaux accueillants comme dans les guesthouses ou chez l’habitant, ni des voyageurs backpackers avec qui partager nos expériences du jour. Mais trouver finalement que c’est une bonne solution, pour se reposer à l’aise et pour profiter de la fraîcheur des piscines, tellement bienvenue à la fin de ces journées entre 32 et 35° !
  • découvrir qu’on a choisi d’aller dans la ville la plus riche culturellement de Malaisie PILE au moment de la plus grande fête indienne, celle de Deepavali. Croiser des dizaines de dizaines de familles indiennes en vacances, avoir souvent l’impression de se télé-transporter en Inde. Aimer ça.
  • se balader nez au vent à Malacca, laisser nos pas et le hasard nous guider en-dehors des circuits convenus (rappel : on n’a pas de guide décrivant les circuits convenus), et découvrir des petites rues toutes calmes, croiser un vieux monsieur tout ridé et tout voûté qui sort sur son balcon pour parler à son bel oiseau dans sa cage dorée, ou deux coiffeuses dans leur salon, qui en sortent à toute allure pour commenter avec leur voisine les cheveux tellement bizarres de cette étrangère (« natural ? noooooo ? are you sure ? ooooooooh ») et adorer cette petite balade !

Donc de l’impro, mais finalement plutôt bien maîtrisée, on est contents !

 

Le top des improbables

– notre 1e soirée à Malacca, à errer à 20h dans les couloirs du « mall » géant collé à notre tour. On n’a pas croisé un seul babtou en 2 jours dans cet endroit, mais beaucoup de touristes chinois (tous les restaurants sont chinois, tous les panneaux sont en chinois et tous les habitants des tours aussi). On a eu l’impression de faire un saut géographique et d’avoir atterri à Pékin, on était carrément « Lost in translation ». Ah, dans les étages vides on a quand même croisé un panda qui faisait de la pub pour le «Monsieur Bricolage » du coin…

Le panda dans le grand hall au 5e étage du mall tout neuf

– les stands du Night Market de Malacca, entre gourmandises bon marché, cookies kawaï, arnaques totales (les tongs massantes…), karaoké géant et… jeunes voyageuses russes et anglaises désargentées qui vendent leurs photos pour financer la suite de leur tour du monde! On n’y avait pas pensé tiens. Si nos économies ne suffisent pas, on pourra vendre nos gazettes! Ou bien nos enfants… (NDLR : cette blague ne va pas plaire à Madine)

Foule de nuit au marché de Malacca

 

– la mode en Malaisie, qui veut que les couples d’amoureux portent le même t-shirt. Hyper bizarre ! Et ça marche aussi pour des familles entières ; jusqu’à 6 personnes avec le même t-shirt, normal, OKLM

– passer en quelques mètres du plus vieux temple chinois de Malaisie, magnifique, avec de l’encens, des moines en sarong orangé et des mélopées en chinois, à une superbe mosquée où l’on entend le chant du muezzin, puis traverser la rue pour découvrir un temple hindou avec d’immenses statues de Bouddha. Cette cohabitation sereine des religions est donc possible, à Malacca ça fonctionne très bien et ça nous a fait plaisir de voir ça.

 

Cérémonie dans le temple chinois
Suzie n’a pas prié à Madagascar, mais à Malacca si !

 

– se retrouver à Malacca nez à nez avec… une échauguette, la même qu’au fort de Montdauphin ! Et déguster au même endroit de délicieux pastis de nata, presque comme dans le quartier de Belem à Lisbonne! Pas étonnant après avoir compris l’histoire de la ville, colonisée par les Portugais puis les Hollandais. Pour ceux qui ne connaissent pas Risoul, voici la définition d’une échauguette 

L’échauguette de Malacca

– à Malacca toujours, les surprenantes peintures de street art sur les quais, qui apparaissent l’une après l’autre lors d’une balade en bateau (cf la photo principale). Evidemment, on a adoré !

Sur les quais de Malacca
Street art vu du bateau

– toujours dans le vieux Malacca, une balade nocturne dans un cyclopousse Pikachu complètement zinzin, illuminé de centaines d’ampoules clignotantes, et avec une sono à fond qui joue… la chanson qui commence par D !! (Photo à retrouver dans l’articles des enfants, et mini-vidéo sur notre compte Instagram 😉 Mieux : ça coûte un bras, et on fait 700m… mais Nino et Suzie ont a-do-ré… et leur mère a quand même bien rigolé, il faut l’avouer ! (Photo à retrouver dans l’article des enfants)

Un exemple de rickshaw Pikachu. Tout en simplicité.
et un rassemblement nocturne

le petit singe qui, aux Batu Caves, s’est approché de Lucas et a tiré fermement sur la petite pochette de Lego qu’il avait autour du cou. Lui aussi voulait devenir une star d’Instagram ! Lucas a tiré de son côté et gardé ses Lego… qui se sont retrouvés bien au chaud an fond de sa poche pour toute la suite de la visite.

– débuter ensemble la lecture des aventures de Gulliver (texte original) un lundi soir, et rencontrer le mardi matin, aux Batu Caves, un Gulliver hindou! Cette coïncidence a beaucoup marqué Nino, pour qui « c’est un signe » (de quoi? peut-être le saurons-nous un jour…)

Ravana, le Gulliver hindou, réveillé pour la guerre contre le roi Rama

– les nouvelles saveurs super bizarres et plus ou moins réussies ; le miel en paille pour le goûter, les œufs de caille en brochette, les rice balls (miam, surtout trempées dans la sauce du porc BBQ), les chips violettes à la patate douce (mouaip), le Kit Kat au thé vert (une abomination – et encore, le mot est faible), le « black pancake » d’Ahmed Lin à Malacca – LE truc qu’il ne fallait pas goûter (c’est un pancake au Nutella de la taille d’une pizza. Le nôtre a tenu 3 minutes montre en main. Et on en salive tous encore) et le « water wake », une spécialité japonaise : une gelée transparente toute fraîche, surmontée de caramel ou de graines de fruit de la passion et de cacahuètes pilées – notre meilleure surprise !

Kit kat vert : l’un a aimé… l’autre moins !
Le surprenant mais très bon « gâteau d’eau »

l’oiseau improbable : haut perché, l’air sûr de lui, blond et méchu… Lucas a rebaptisé ce Hornbill, c’est un « oiseau-Trump » !

Le portrait craché de Donald… sauf que lui ne tweete pas!

– le luxe improbable ; la piscine à débordement, au 37e étage de notre tour, avec vue sur toute la ville illuminée. On avait l’impression d’être des stars. Sans la coupe de champagne, on vous rassure, c’est pas dans le budget !

Classe, cette dernière soirée en Malaisie !

Les infos en vrac

Le plus gros choc : les 33 degrés et 70% d’humidité en sortant de l’aéroport de Kuala Lumpur. L’impression d’être, du matin au soir, dans un hammam. Avec en permanence, pour l’une d’entre nous qui souhaite rester anonyme, la coupe de cheveux des Jackson Five.

L’effet Kiss Cool : sans hésitation, la clim. Géniale, la sensation de passer du hammam au congélateur – ça fouette le sang !

Le 2nd effet Kiss Cool : nous sommes TOUS enrhumés, ambiance nez qui coule et gorge qui crache… Le congélateur, c’est un peu too much. Juste le frigo ça suffirait.

Le 3e effet Kiss PAS Cool : on n’ose pas imaginer la facture énergétique de notre hôtel, puis de la ville, puis du pays, puis de toute l’Asie… Aïe aïe aïe on a envie de dire « à mort la clim » mais il fait tellement chaud! on peut juste dire quand même « mettez-les un poil moins fort… »

La difficulté : parvenir à « faire le deuil » de Madagascar. Ça nous a pris un petit moment. Les premiers jours, on a vraiment eu du mal à être bien dans l’instant présent, on avait toujours Mitsiky dans la tête. Et puis on a repris notre rythme à 5, avec l’école le matin et une activité l’après-midi, et on repris la route. Il ne se passe pas encore un jour sans qu’on parle d’Antsirabe, d’un des enfants de Mitsiky, de l’école La Providence , ou sans qu’on écoute un enregistrement ou regarde les photos – et on leur prépare une petite surprise, ça nous motive à fond !

Le chiffre : 34 – l’étage de notre dernier appartement à KL. C’est haut. Très haut. Trop haut !

La good news : à notre arrivée en Malaisie nous avions deux garçons et une petite fille. En partant nous avons toujours 2 gars, mais aussi… une petite sirène (à lunettes)! Merci les piscines ; Suzie saute maintenant du bord, met la tête sous l’eau, passe sous les jambes et on en passe. Une sacrée étape, et un vrai soulagement pour le reste du voyage.

La rencontre : vous n’imaginez pas ce que cela fait d’être perdu dans Kuala Lumpur, de voir un homme s’arrêter, vous parler en français, vous donner votre chemin et vous accompagner un peu. Puis de le re-croiser dans la résidence et de l’entendre avec sa femme vous proposer de vous loger pendant leur week-end de 4 jours à venir. Vous avez bien lu : Marin et Christine, qui vivent à KL depuis 2 ans, nous ont laissé les clés de leur appartement, à nous 5, sans nous connaître, juste comme ça, pour nous AIDER, avec tellement de gentillesse ! On ne l’aura pas utilisé finalement car les dates ne collaient pas, mais nous sommes infiniment reconnaissants à Christine et à Marin pour leur proposition (et pour leurs conseils météo !). Et on espère s’en souvenir, quand on croisera des voyageurs un peu perdus à Paris l’an prochain…

LE TRUC qu’on n’a pas aimé en Malaisie : se faire paparazzer! Quand on nous demande la permission,  ça va (Suzie est la méga star de la famille) mais il nous est arrivé plusieurs fois de surprendre des touristes asiatiques ou des locaux nous photographier à l’insu de notre plein gré. Technique n°1 : monsieur ou madame fait semblant de faire un selfie juste devant nous, mais nous on se voit très clairement sur l’écran de l’iphone. Technique n°2 : mademoiselle passe devant nous lentement, son iphone à la main tourné vers nous. Et se retourne ensuite pour vérifier si on est bien sur la photo ou la vidéo. Sinon, mademoiselle repasse.  ça nous prouve bien qu’on a raison de ne pas « voler » de photos, car c’est franchement désagréable. On va presque plaindre la famille Kardashian…

Next step : On continue l’impro, mais cette fois à Bali où nous retrouverons Julie la sœur de Marco et sa famille, en croisant les doigts pour que le volcan Agung attende encore quelques jours semaines pour se réveiller ! Vivement la plage, on a vu de belles villes, maintenant on a faim de nature !

 

Couleurs et tours de Kuala Lumpur
Du haut de notre 34e étage…
Les fameuses tours Petronas
Dans les petites rues tranquilles de Malacca
Improbables rickshaws psychédéliques devant les bâtiments de l’époque hollandaise de Malacca
L’escalier monumental des Batu caves, près de KL, monté des briques à la main !
Notre boisson favorite… Les enfants savent parfaitement demander un « watermelon juice please » !
Au bateau / musée maritime de Malacca
Une paparazzade autorisée, cette fois
A bientôt ! (depuis le sol hyper brillant et hyper glissant du grand mall chinois)

share
Laure
novembre 5, 2017 at 11:24 Répondre

Haletant !!!!!
Mille mercis de nous permettre de vous accompagner un peu (en révisant sa géographie!!)
Mais cela oblige les célibataires sans enfant, à une formation accélérée en titres de chansons et en héros, c’est fou ce que je m’instruis ……dans un an serai OK pour devenir grand-mère directe.
Gros bisous à tous les 5 (pardon 6 avec René Roger….au fait pourquoi ce nom ?)
Laure

Claire B
novembre 5, 2017 at 11:45 Répondre

Que j’ai ri ! Merci Caro ton style est top -)
Et concernant les paparazzades ton descriptif est parfait ! J’ai vécu ça dans les coins reculés du Kenya avec des jeunes, c’etait très grossier leur technique…
Bisous

Madine
novembre 5, 2017 at 15:25 Répondre

Finalement, ce séjour non programme en Malaisie aura été plein de surprises variées!
Merci et bravo pour ce nouvel article tres décoiffant!!
( je passe sur la mauvaise blague très risquée sur les réseaux sociaux en ce moment…!!)
Et mention spéciale pour le street art de Malacca, le Hornbill – oiseau – Trump de lucas, l’échauguette de Suzie et le Gulliver hindou de Nino !
Je vous envoie un peu d’air pur et de froid avec la neige tombée cette nuit sur les sommets 🌨🏔
Bisous😘

papito
novembre 5, 2017 at 15:26 Répondre

Bravo pour cette belle équipée improvisée à K.L; on est sidérés d’apprendre qu’il y ait tant de choses à voir, et à raconter en Malaysie, et bravo à Suzie qui va pouvoir profiter dorénavant pleinement de la piscine de Mamou à Laroin.
Et Ouf! pour les Légo que l’on a hâte de revoir au bord des rizières à Bali et parmi les statuettes de pierre à Borobodur..
Mais que d’aliments étranges rencontrés dans ce voyage, et certains jouissifs apparemment! Tant que les boyaux tiennent..
Bises

Noelle et Philippe D.
novembre 5, 2017 at 17:02 Répondre

Quel plaisir de découvrir votre grande aventure Malaise, racontée avec tant d’esprit ! Nous avons éclaté de rire, Philippe et moi, à de nombreuses reprises.
Cela vous pimente un TDM en moins de deux !
Ce ne devait pas être facile tous les jours pour les Parents, surtout avec, au fond du coeur, Mitziky et la grande misère d’Antsirabe…Mais les Enfants apprécient souvent ce côté « impro », qui leur donne, ne serait-ce que quelques instants, en pleine cacophonie, l’ impression enivrante de grande liberté…
En tout cas, vous avez vraiment  » assuré » grave !
Cette cohabitation apaisée entre religions, dont vous parlez à Malacca, nous l’avons vécue également au Sri Lanka, ainsi qu’ à la Réunion, une autre île à découvrir absolument, si ce n’est déjà fait !

Belles découvertes à Bali, dont nous attendons impatiemment quelques échos. NOEPHI

tillous odette
novembre 6, 2017 at 17:43 Répondre

u

odette Tillous
novembre 6, 2017 at 17:58 Répondre

Enchantée de voir vos souriantes bouilles, de permettre à mes rêves de voyage de devenir presque réalité devant l’écran, de revivre un peu l’atmosphère si particulière de Mada, et tout, et tout, et tout. A quand le prochain plaisir de lecture ?. Plein de bises à vous 5. Odette.

Sandrine SL)
novembre 8, 2017 at 13:55 Répondre

Magnifique as usual, accro à votre gazette.
Les cheveux 😂, je comprends. Baby-Sitter à Washington DC à une époque où j’avais les cheveux qui descendaient très en bas du dos (restons poli 😉) sans sèche-cheveux ils ne séchaient pas, restaient mode Sandrine Bonnaire dans Sans toit ni loi. Et l’effet congelo en Asie du Sud Est, souvenir souvenir atchoum

ARTICLE SUIVANT

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.