ENTREZ VOS MOTS CLES

 Pour cette 8e gazette, certains d’entre vous auront reconnu l’hommage au best-seller d’Elisabeth Gibert, « Mange, prie, aime » et au film éponyme – à la qualité discutable mais aux superbes images de Bali – avec Julia Roberts en guest-star. Dans ce livre/film, l’héroïne/auteure, éprouvée par un divorce difficile, retrouve le goût de la vie lors d’un voyage en solitaire, en mangeant en Italie, en priant en Inde et en tombant amoureuse à Bali. Dans notre cas, à Bali, et surtout à Keliki, nous avons vécu 10 jours hors du temps, lors desquels nous avons, comme Julia, mangé et prié, mais aussi marché et beaucoup peint. Nous n’allons pas en faire tout un film, mais il fallait au moins une gazette pour vous raconter cette expérience qui restera très forte dans notre tour du monde.

 

Le plus beau sourire de Bali

Avant tout, il nous faut vous parler de Ganyar. Comme un Balinais sur 5, Ganyar s’appelle en réalité Putu (il n’y a que 5 prénoms à Bali, donnés en fonction du rang de naissance). Mais Ganyar, pragmatique, considère que c’est trop compliqué de s’appeler Putu, elle utilise donc le nom de sa région comme prénom. Ganyar, c’est le plus beau sourire de Bali. Tous les Balinais sourient beaucoup, mais Ganyar, elle, a un sourire encore plus généreux, plus doux, plus vrai, plus contagieux. Ganyar, c’était notre hôtesse à Keliki, et elle a été notre repère et notre guide, pendant tout notre séjour dans sa maison. 

Nous avions entendu parler de ce village grâce à une famille voyageuse qui venait tout juste de quitter Bali et qui avait passé 3 jours à Keliki, un village à 20 minutes en voiture d’Ubud (la capitale culturelle de Bali). Au sein de ce village, il y a 30 ans, des enfants peignaient des dessins fabuleux, qu’ils vendaient pour pouvoir aller à l’école. Aujourd’hui ces enfants ont notre âge, ils peignent toujours aussi bien, et avec l’aide d’un Français ils ont créé au sein de leur communauté familiale quelques guesthouses qui accueillent des visiteurs, très souvent français.

Ganyar est l’épouse de Mas, un des peintres de la Keliki Painting School. Grâce à son amie française Fleur, Ganyar a appris le français, qu’elle parle très bien. Pour les enfants comme pour nous, ce fut un bonheur de discuter avec elle, de l’interroger sur les coutumes indonésiennes, et de partager son quotidien.

Ganyar et ses offrandes, en route pour le temple
Avec Ganyar

 

Notre petit pavillon dans le bale de Keliki
Vue de « chez nous », Suzie devant le grenier à riz familial

À Keliki, mange…

Ganyar est belle, gentille, drôle, mais elle est aussi une excellente cuisinière. Nous nous sommes régalés de ses mie goreng -nouilles sautées aux légumes et à l’oeuf- que Lucas mangeait carrément au petit déjeuner, de ses soupes, de son poulet curry-coco, de ses omelettes aux légumes et même… de ses crêpes !

Nous voyant conquis par la cuisine balinaise, Ganyar nous a envoyés la découvrir plus concrètement chez un de ses amis, qui nous a donné un cours de cuisine fantastique. Nous avons passé tout un après-midi, tous les cinq, à piler le maïs, presser la coco, couper le gingembre, griller le tempe, pour créer une succulente mosaïque de plats dont nous nous sommes régalés. On a fabriqué du bekuah (poulet lait de coco), des bregedel (beignets de maïs), du tum (poulet enveloppé dans des feuilles de bananier), du urab (salade de légumes), du tempe manis  (un produit issu du soja et cuisiné avec du sucre de palme) et des beignets de banane en dessert. On a noté toutes les recettes, pour refaire ces plats pendant notre voyage… ou pour une soirée balinaise à notre retour – avis aux amateurs !

 

 

À Keliki, prie…

Nous l’avions mentionné dans une de nos cartes postales précédentes ; la vie balinaise est rythmée par la religion hindouiste. Il y a des cérémonies tout le temps (près de 140 par an…), et les Balinaises passent une grande partie de leur temps au temple pour prier et apporter des offrandes, ou chez elles à fabriquer des offrandes, et re-prier. Ganyar est très pieuse, et lorsque nous étions à Keliki elle préparait Kalingan, une des plus importantes fêtes de Bali. Avec Ganyar, les enfants ont eu la chance de pouvoir réaliser des « canang sari« , ces jolies offrandes en feuilles de cocotier et remplies de fleurs et de gourmandises qu’ils admiraient depuis 3 semaines devant chaque porte. Ils l’ont beaucoup aidée et étaient très fiers de leurs créations.

 

La fête de Kalingan tombe toujours 10 jours après celle de Ganungan. Cette année c’était donc le 11 novembre, et nous nous souviendrons longtemps de cette journée. Nous avons eu la chance immense et la très grande fierté d’être invitée par Ganyar à participer aux cérémonies de Kalingan. En costumes traditionnels balinais – sarong et ceinture pour nous 5, udeng (coiffe typique) pour les garçons -, nous avons assisté aux prières de la famille de Ganyar, dans le petit temple familial. C’est la première fois que nous pouvions pénétrer dans ce temple. C’était très intime et émouvant d’être présents dans ce moment très important pour eux, nous nous sommes sentis très privilégiés.

 

 

 

 

 

Le soir, c’était la grande fête de tout le village, au grand temple de Keliki. Ce fut un étourdissement de couleurs et de musique ;  les comédiens dans leurs costumes impressionnants de barong haranguaient la foule, au milieu de milliers de fleurs, de fruits, de gâteaux apportés en offrandes, les musiciens tapaient sur leurs gamelans tandis que les ravissantes danseuses de legong ondulaient et nous hypnotisaient en rythme. Nous n’avons pas pénétré dans le temple lui-même où avaient lieu les prières mais ce fut une grande chance d’assister à cette très belle fête. Nous étions les seuls babtous de l’assistance !

Le barong
Danseuse de legong avant son entrée en scène

 

À Keliki, peins…

Il y a 30 ans existait dans le village de Keliki une communauté d’enfants-peintres, qui réalisaient des oeuvres superbes qu’ils vendaient ensuite pour aller à l’école. Aujourd’hui, ces enfants ont notre âge ; ce sont Mas, notre hôte, ses frères et ses amis d’enfance. Ils travaillent dans les rizières, et ils peignent toujours. Nous avons passé une journée magique tous les cinq, à apprendre les techniques de ces dessins miniature ultra-détaillés. Nous vous le racontons ici. Les jours suivants, nous avons gardé cet élan artistique tout à fait nouveau, et nous avons beaucoup dessiné, avec beaucoup de plaisir. 

#chut #concentration #fautpasdepasser

 

Les premiers dessins de la famille !

 

A lire aussi : Peindre à Bali, peindre Bali

 

À Keliki, marche… 

Faire une balade au milieu des rizières est une étape obligée lors d’un séjour à Bali. En général, elle se fait rapidement, avec beaucoup de touristes venus ici pour faire de très jolies photos. Le bale de Ganyar étant situé juste à la sortie du village, nous avions les rizières de la communauté à portée de main – ou plutôt de tong. Mais c’est chaussés de nos chaussures les plus costaudes que nous sommes partis, un matin tôt, pour découvrir la vie des rizières avec Ganyar. 4h de rando au milieu de paysages époustouflants ; une jungle luxuriante, au taux d’humidité frôlant les 90%, avec des ponts de bambou pour passer les cours d’eau, et de drôles de bestioles sur le chemin ; des rizières toute jeunes, inondées et d’un vert absolu, pleines de canards caquetant entre les épis (ils détruisent les mauvaises herbes et croquent les petites bêtes), d’autres champs d’un jaune pâle annonçant la récolte prochaine ; des femmes de tous les âges, courbées sur les épis de riz pour les couper à la main… Ce fut une matinée bien sportive, surtout pour les petites jambes de Suzie, victime d’une chute dans une montée glissante et boueuse dès le début de la jungle, mais ce fut une TRES belle matinée pendant laquelle nous n’avons croisé aucun autre babtou, et appris des tonnes de choses sur la faune et la flore balinaise grâce à notre Ganyar préférée. 

Au départ de Keliki. IndianaFamily, c’est parti !
Passagers clandestins…
Pause bienvenue
Presque arrivés !
Dans les rizières de Tegallaland

 

Les infos bonus  :

#balancetonporc : même loin, on suit l’actu, particulièrement celle qui concerne les droits des femmes évidemment. Et nous avons salué la libération actuelle de la parole des femmes face aux réflexions et aux agissements sexistes de certains hommes, au travail et ailleurs. Du coup, quand on allait nourrir les cochons de Ganyar, on y pensait systématiquement. On a voulu rebaptiser l’un d’eux Harvey, mais franchement ce petit porcinet est beaucoup trop mignon pour ça… #metoo 

Matt Damon, alors?

l’expérience inédite : nous avons vécu une… secousse sismique !!! Incroyable. C’est arrivé un matin à 6h, alors que nous émergions du sommeil grâce aux coqs du voisinage. Lucas a vu les murs bouger, et Caroline a cru que Marco faisait une blague en secouant le lit (bonne blague à 6h du matin, tiens…). ça a semblé durer très longtemps mais ça n’était sûrement que quelques secondes. Rien d’anormal ni d’inquiétant, mais la secousse était tout de même d’une magnitude de 5 sur l’échelle de Richter, pas mal pour une première! Réflexion faite avec le recul, et vu l’actu volcanique, c’était probablement un soubresaut d’Agung…

la (petite) galère : on avait prévu de rester 40 jours à Bali et on n’avait pas vraiment vérifié le sujet des visas. On savait juste qu’il faudrait rallonger notre visa touristique de 30 jours. En fait c’est super compliqué (il faut aller 3 fois en 10 jours au bureau de l’immigration) et très cher (il faut payer le visa initial PLUS une extension de visa). Pour 10 jours seulement de plus, c’est pas mal de tracasseries. on a donc découvert l’administration indonésienne lors de 3 différents rendez-vous, des excursions vraiment originales! En tout cas, on ne regrette pas du tout ces 10 jours supplémentaires.

les rencontres : les guesthouses de Keliki ont été créées avec l’aide d’un Français installé en Indonésie. On y croise donc majoritairement des voyageurs français, et surtout des voyageurs français cool et sympas, adeptes du voyage de proximité comme nous. On pense bien sûr à Béatrice qui a rapporté en France un petit paquet de notre part (encore merci Béa!), à Eva qui voyage seule sac au dos après ses études (#revival),  et surtout à Fleur et Greg, deux jeunes vidéastes professionnels très prometteurs, amoureux de l’Indonésie et de Keliki depuis des années, qui nous ont expliqué plein de choses, ont fait découvrir aux enfants les drones, et avec qui nous avons fait des parties de cartes nocturnes endiablées!

Avec Mas, Ganyar, Fleur et Greg – la bande de Keliki
Une partie de « président » avec Doggy en arbitre

 

Point d’étape et next step

 Notre programme de Java (monter sur les volcans Bromo et Iljen) tombant à l’eau pour des raisons administratives, nous avons changé nos plans, et sommes restés  dans le sud de Bali. Avec de la pluie – mais toujours 30 degrés 😉  une île (presque) déserte, plein d’animaux marins et un volcan réveillé (mais tout se termine bien). On vous raconte tout ça bientôt, dès qu’on a quitté Bali.

Les enfants ont plusieurs articles à publier, restez connectés 😉

A bientôt !

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madine
décembre 3, 2017 at 13:07 Répondre

Eh bien , vous êtes aussi tombés amoureux de Bali !!
Quelles belles rencontres ! Quels sourires !
Quels talents devoiles!
Nous rapporterons vos oeuvres .Leurs couleurs réchaufferont le ciel gris de Paris!
Et merci ,Agung, d’avoir laissé partir la malakfamily pour nos retrouvailles!
A très bientôt

Mamou
décembre 4, 2017 at 17:36 Répondre

Recemment revenue du Laos et Cambodge ,vos articles sur Bali me replongent dans ces pays asiatiques si attachants :la jungle luxuriante , les rizières , la nourriture ,les croyances…Mais là bas ,les peuples ont souffert de la violence des hommes et malgré tout leurs sourires si accueillants sont des portes ouvertes…Continuez toujours aussi bien à découvrir le monde mes amours !

Tatie Julie
décembre 4, 2017 at 20:24 Répondre

La Angletfamily réserve pour la soirée nasi goreng!!!

Noelle et Philippe D.
décembre 5, 2017 at 16:07 Répondre

Quel bonheur de vous suivre à BALI !
Quelle chance d’avoir abouti à Keliki , près d’ Ubud, chez Ganyar et d’avoir vécu « Kalingan »!
Vos larges sourires et vos regards pétillants en disent long sur vos rencontres d’exception et toutes ces expériences enrichissantes à peu près dans tous les domaines…
Quelle joie apaisante que de dessiner et peindre, avec talent, au milieu des rizières au vert tendre, en compagnie de ce peuple qui a tant à offrir, en toute humilité !
Vos belles photos nous ramènent aux souvenirs de nos quarante ans de mariage, il y a quelques années, déjà… Merci !

Nous nous inscrivons volontiers pour une soirée Balinaise…pour Seniors (!!), peut-être à RISOUL chez Madine et Papito !?!

Manu et sa troupe
décembre 5, 2017 at 18:40 Répondre

Coucou la famille,

Ravis que keliki painting School vous ait plu ! Au plaisir.
Manu, mumu, yann, lou, 300joursdumonde.com

Claudine L
décembre 8, 2017 at 22:24 Répondre

Bravo à tous pour vos talents artistiques et culinaires!
Merci pour ces magnifiques rencontres et de nous les faire partager avec autant de passion.

ELOUAN
décembre 12, 2017 at 18:40 Répondre

Je veux faire le voyage avec vous.Et voir plein de chose .Plus tout les autres pays.Bonne ccccccchhhhhhhaaaaaannnnnnccccccccccccceeeeeeeeeeeeeeee bisous.

Sandrine SL
décembre 13, 2017 at 22:12 Répondre

Moi je suis tout à fait prête à goûter vos recettes balinaises… miam slurp 🙂

fabienne GAY
décembre 21, 2017 at 13:45 Répondre

Un Merci immense et tout simple de nous faire rêver en partageant votre extraordinaire aventure
joyeux noël à toute votre famille si magnifique
Fabienne

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