ENTREZ VOS MOTS CLES

Ça n’était pas du tout prévu au programme. Mais quand on a rencontré Pascal, quadruple papa voyageur, qui m’a raconté son ascension du Huayna Potosi, un des 6000m les plus accessibles du monde, par un grand beau temps, ça m’a sacrément chatouillé. Caro m’a tout de suite dit que c’était une opportunité unique et qu’il ne fallait évidemment pas la rater, alors j’ai foncé sans trop réfléchir. C’était un super challenge. Je vous le raconte ici, c’est un peu long mais il faut dire que ça m’a semblé long aussi ! – par Marc

 

Jour 1 – l’acclimatation

Je suis très excité en quittant au petit matin Caro et les enfants, mais j’ai une petite appréhension car je n’ai aucune idée de ce qui m’attend vraiment. Je me sens un peu coupable de laisser ma famille pendant 3 jours dans une grande ville pas hyper accueillante, pour me faire un trip en solo un peu égoïste au milieu de notre voyage en famille.

 

Le premier moment important c’est le checking du matériel : blouson et pantalon techniques qui peuvent aller jusqu’à -30°, chaussures de haute montagne, crampons des années 70 qui se fixent sous les chaussures, piolet, casque où fixer la frontale, harnais, mousqueton et corde personnelle. Tout le matos des alpinistes, comme dans les reportages qui nous font battre le cœur à la télé. Pas tout neuf ce matériel – pour 150€ l’expédition, on ne peut pas non plus demander le top – mais de très bonne qualité. Là je prends la mesure du projet ; ça ne va pas être un simple trek pour admirer la vue… 

En montagne, chaque détail compte…

 

Quand on quitte La Paz, il neige à gros flocons. Hugo, le boss de l’agence, médecin alpiniste depuis 30 ans, conduit notre Land Rover à travers le brouillard, les Rolling Stones à fond dans son vieux poste. Comme il fait un temps horrible, on passe par la banlieue la plus dangereuse de La Paz, que tout le monde évite d’habitude. Avec cette météo les gangsters restent au chaud. C’est carrément irréel.

 

Sur le chemin vers le premier refuge, la voiture se retrouve coincée par un bus qui descend; manœuvres, re-manœuvres, marche arrière sur 1 kilomètre sans aucune visibilité, une vitre de la voiture brisée par un rocher. Je prends même le volant pour soulager Hugo qui ne voit plus de solution. Finalement on passe, et on arrive dans la purée de pois au refuge, à 4700.

Le refuge à 4700 – photo prise au retour, la neige avait fondu

 

On part pour une « petite sortie d’acclimatation » autour d’un lac. L’idée est de s’habituer à bien marcher, très lentement, avec un rythme constant : planter le piolet – un pas – un autre pas / planter le piolet – un pas – un autre pas. Et au milieu de tout ça, il faut respirer. C’est là que ça se corse. Je comprends vite que c’est la respiration qui va être la clé de tout. Je suis essoufflé en permanence, en hyper ventilation. On est partis tard dans l’après-midi, on ne voit pas à un mètre, il fait un froid glacial. En rentrant au refuge on réalise que la « petite sortie » a duré 6 heures, et on voit enfin le lac. Mes deux collègues de challenge, Francia et Salvador, un frère et une sœur boliviens, sont déjà dans le rouge. Ça va être long, ces 3 jours.

Avec Francia et Salvador, quand tout allait bien

 

Jour 2 – ça se complique

Au petit matin, nos deux guides ne sont pas très sereins : la météo est exécrable, il n’a pas cessé de neiger, il fait toujours aussi froid et on ne voit rien. Ils nous proposent de rester un jour au refuge pour attendre une fenêtre météo qui nous permettent de monter au sommet dans de meilleures conditions. Francia et Salvador ne sont pas d’accord, ils doivent retourner bosser ensuite, et moi je n’ai pas envie de laisser ma famille un jour de plus toute seule. On décide donc tous de monter au camp de base, en prenant le risque de ne pas pouvoir monter au sommet si les conditions sont vraiment trop mauvaises.

 

C’est parti pour 5h de montée, avec les flocons qui n’arrêtent pas. On a de la neige dans les yeux parce qu’avec les lunettes on ne voit rien, dans la bouche quand on respire, dans les poils de barbe qui gèlent très vite. Et les dernières heures, de la neige jusqu’aux genoux. La neige cache le relief, les guides ne voient pas bien le chemin, et moi je ne vois que le dos de mon guide au bout de ma corde. Il est en baskets, il a une respiration hyper tranquille, et je ne le verrai boire que deux tasses de thé en 3 jours. Je me dis que c’est un surhomme…

 

Mes cours de physiologie du sport me reviennent en tête. Pendant toute la montée, ma principale préoccupation est de dépenser le moins d’énergie possible ; je me concentre pour utiliser les muscles les plus importants, ceux de mes jambes. Je relâche tous les autres muscles ; ceux du visage et du haut du corps. J’hyperventile non-stop, comme jamais, la bouche grande ouverte. Je sens que j’ai mal aux côtes, comme si les poumons les poussaient de toutes leurs forces vers l’extérieur de mon corps. C’est une sensation que je n’avais jamais ressentie.

 

5h c’est long quand même. Parfois mon esprit se déconcentre, je pense à ma mère, ma sœur, ma famille, les copains, au boulot, à l’avenir. J’ai froid, j’ai mal partout, mais je me dis que j’ai une chance incroyable d’être là, au milieu de ce fantastique voyage en famille, à vivre une expérience aussi extraordinaire. Ça m’aide à avancer !

Malgré ça, les dix derniers mètres sont terribles. On est à 5400 mètres d’altitude, je vois la bulle dans laquelle nous allons dormir, elle est tout près mais j’ai l’impression que je ne l’atteindrai jamais. Je me sens épuisé, j’ai des crampes aux jambes et surtout sous les fesses – la première fois de ma vie ! Je râle comme un lama au bout de sa vie. Je mets plus d’un quart d’heure à faire ces 10 mètres, ça me paraît interminable. Une fois dans la bulle, il me faut une demi-heure de plus pour réguler ma respiration. Là, je me dis que le fait de gérer ce manque d’oxygène en permanence est vraiment le plus difficile. Je commence à douter, je me demande si je suis capable d’aller au sommet dans ces conditions. Je vois un petit kern, alors j’y dépose une pierre en pensant à mon père.

La bulle où nous avons « dormi »

 

Ce soir-là, on avale une soupe et un bol de thé, bouillis sur un réchaud à gaz, ça réchauffe un tout petit peu les pieds et les mains. À 18h on est tous au lit. On a préparé tout le matériel ; cette nuit il suffira de sauter dans nos crampons bien alignés pour démarrer. Je m’emmitoufle dans le duvet technique, je suis bien content d’avoir piqué à Caro son legging et d’avoir emporté mon petit drap de soie en plus. Je n’ai pas du tout sommeil, j’hallucine d’être là, dans cette petite bulle accrochée à la montagne à 5400 mètres au-dessus du niveau de la mer, j’entends le vent qui siffle dehors et les ronflements de locomotive de mes amis grimpeurs. Et je suis super excité par ce qui nous attend tout à l’heure, je me demande si les conditions seront assez bonnes pour tenter le sommet. Bref, quand Esteban m’annonce à minuit qu’il faut partir, je n’ai pas fermé l’œil.

 

 

Jour 3 – Over the top

Minuit donc. Il ne neige plus, c’est le feu vert pour monter, juste le temps d’avaler un thé brûlant et il faut y aller. Esteban et moi sortons les premiers du refuge, on est tous les deux pressés d’en découdre. Mais à peine ai-je tourné autour du refuge que je comprends que la difficulté est encore un cran au-dessus. On est dans le noir le plus complet. Il fait plus froid que jamais. Et c’est encore plus dur de respirer. Je sais que c’est le mental qui va m’aider à aller au bout alors je décide de me focaliser uniquement sur deux priorités : RES-PI-RER. A-VAN-CER. Aucune autre pensée n’a plus sa place. C’est parti !

 

Je me mets dans les pas d’Esteban, mais avec l’altitude on avance plus lentement qu’hier. C’est le silence total dans la montagne. Je me focalise sur la petite lumière que ma frontale projette sur la neige.

 

Le chemin n’est pas trop pentu et les deux premières heures me paraissent moins difficiles que ce que j’avais imaginé… jusqu’à la première épreuve. La crevasse. Elle est hyper profonde, et pour la traverser il faut passer sur un petit pont de glace pas plus large qu’un pied. Heureusement qu’il fait noir, je ne me rends pas vraiment compte du danger !

 

A 3h du matin, les choses se compliquent vraiment. Je souffle comme un bœuf, on s’arrête tous les 40 pas pour que je calme ma respiration. On arrive à la 2e épreuve : le piolet. Jusqu’ici il me servait seulement de canne, mais à partir de maintenant je vais le planter dans la paroi, sur ma gauche, pour m’agripper. C’est un nouveau geste à adopter, une nouvelle source de stress ainsi qu’une nouvelle dépense d’énergie – le piolet est très lourd. Et en plus, on est dans la 3e épreuve : « el infierno del cumbre » – l’enfer du sommet. C’est pas Fort Boyard, je vous le dis. Il faut longer la paroi qui est sur notre gauche, le chemin est minuscule et hyper étroit, et à droite c’est le vide. Je ne pense pas au danger, je suis dans ma bulle et je ne pense toujours qu’à la corde bien tendue qui me lie à mon guide. RES-PI-RER. A-VAN-CER.

 

Ensuite c’est l’arrivée sur la crête, le vent siffle dans tous les sens, c’est un vrai tourbillon. On voit quelques débuts de lueurs au lointain. D’un seul coup, Esteban me dit qu’on est au sommet, je n’avais même pas réalisé. On est à 6088 mètres ! Il me prend dans les bras et me félicite, et moi je me sens super fier. Je pense à Caro et aux enfants, je me dis qu’ils m’attendent au chaud et qu’ils vont être tout contents. Je n’ai pas le temps de trop réfléchir car il fait vraiment très très très froid – entre -15 et -20 degrés ! Plusieurs cordées nous rejoignent au sommet, des Espagnols et des Israëliens. Ils sont partis d’un refuge plus bas que le mien, donc beaucoup plus tôt, et ils ont vraiment l’air épuisés. On prend quelques photos, et la 4e épreuve -last but not least- démarre : le retour.

Au sommet !!

 

Quand nous descendons, le soleil éclaire petit à petit la montagne. Là, je me rends vraiment compte de ce que nous avons fait dans le noir, et je réalise que c’est quand même une ascension bien risquée. Pas une mauvaise idée de la faire dans l’obscurité, pour ne pas trop flipper. Mais à cet instant je plane totalement, je suis tellement content que tout me paraît beau. Je pousse un cri immense vers les cimes pour libérer toutes les tensions et toute la fatigue de ces deux derniers jours, ça fait un bien fou ! Le panorama est fabuleux ; de la neige partout, des fontaines de glace bleue, des pics qui touchent le ciel, la vue sur les lumières de La Paz de loin… c’est un spectacle merveilleux, qui renforce encore la joie profonde que je ressens.

La montagne <3

 

Pendant cette descente, je retrouve mes 2 co-équipiers boliviens, qui n’ont pas pu aller au sommet. Francia est en larmes, crevée et très déçue. Je suis désolé pour eux. Mais on a vécu des moments forts tous ensemble pendant ces 3 jours, alors on serre fort dans les bras, et ils me disent qu’ils sont contents pour moi.

 

Dans la voiture qui nous ramène à La Paz, je réalise. JE L’AI FAIT. Je suis super content. D’avoir gravi ce 6000, de l’avoir fait dans ces conditions, et d’avoir poussé mes capacités. Pendant trois jours j’ai ressenti des sensations complètement nouvelles, c’était passionnant. Je sens que j’ai un peu mal partout, mais l’euphorie fait oublier les douleurs. J’ai hâte de retrouver ma tribu, parce qu’après 300 jours scotchés tous les 5, j’ai adoré ce challenge personnel mais elle m’a manqué, ma Malakfamily !

*****

Marc

*****

share
mamou
juillet 8, 2018 at 14:59 Répondre

que d’emotions diverses en te lisant ,mon grand alpiniste !!J’en ai eu les larmes aux yeux….
En 2013 en Bolivie nous nous sommes approchés de ce sommet mythique….sans Pierre hélas .
Ainsi je partage ta fierté d’avoir vaincu ton Everest!! Je t’embrasse très tendrement!

Akelwood
juillet 8, 2018 at 17:43 Répondre

Franchement impressionnant, moi qui aime les défis sportif je suis vraiment fan de ce billet, t’as vraiment eu du courage, t’es un vrai bonhomme !

Sandrine SL
juillet 8, 2018 at 18:21 Répondre

CHAPEAU ! Et à 6000 c’est Chapeau Haut plutôt que Chapeau Bas. Toute mon admiration Señor

Citrate
juillet 8, 2018 at 18:29 Répondre

Superbe Marco. Toi et le récit et la malakfamilly ! Besos !

Claveria
juillet 8, 2018 at 18:50 Répondre

Et au retour au moins le Mont Blanc, trop facile pour toi après cela.peut être as tu eu le temps de penser à la différence entre plaisir et bonheur??????????bisous à vous tous,les Claveria qui partent à Paris avec Swann et Pierre

Madine
juillet 8, 2018 at 19:28 Répondre

Encore bravo Marco!

Quelle superbe ascension , quelle magnifique récompense au sommet et quel haletant récit!!!

Maintenant, tu es prêt pour faire les sommets des hautes Alpes en courant …

Papito
juillet 8, 2018 at 22:37 Répondre

Palpitant!
La famille EtcheBaldey est un vrai atelier d’écriture
Comme si on y était aussi! Bravo
Bises à tous

Maronpeurderien
juillet 8, 2018 at 22:49 Répondre

Et ben, la vache, quand t ecris dans la gazette ca envoie Marco! Gros talent d’écriture. Hyper bien detaille, en fermant le bouquin on a l’impression d avoir fait un truc de fou.. tout en restant au chaud en sirotant sa tisane nuit tranquille bien sur. ben quoi, il faut de tout pour faire un monde! En tout cas chapeau encore! T es complètement maboul mais chapeau

MalakFamily
juillet 10, 2018 at 05:05

C’était un peu fou mais tellement bon !

Delphine
juillet 8, 2018 at 23:41 Répondre

Super récit ! J’ai aussi fait cette ascension en mai 2013 mais avec moins de neige !

MalakFamily
juillet 9, 2018 at 01:05

Ça devait être super, tu as dû avoir une belle vue !

Bernard
juillet 9, 2018 at 11:59 Répondre

Bravo Marco, félicitations pour cette ascension et pour ton récit palpitant. Te voilà prêt pour nos 4000 alpins en courant!
A quand l’Himalaya?
Bernard

MalakFamily
juillet 10, 2018 at 05:03

On va s’entrainer un peu avant 😉

Emilie
juillet 9, 2018 at 12:48 Répondre

Putain Marco j’ai pleuré dans mon tram sous une chaleur de dingue. J’ai presque eu froid, quel beau récit j’adore ! Tu devrais écrire plus souvent – hâte de vous revoir les Malakfamiliy

MalakFamily
juillet 10, 2018 at 05:03

En fait c’est Marco qui grimpe et qui raconte et Caro qui rédige… un bon partage des tâches 😁

Odette Tillous
juillet 9, 2018 at 21:18 Répondre

Bravo Marc! Tu es le 2ème de la familia à avoir dépassé les 6000. J’adore aussi toutes tes photos de rue.
Pottak Odette du Perlic

MalakFamily
juillet 10, 2018 at 05:00

Super, qui était le premier ? jean?

Julie
juillet 9, 2018 at 23:14 Répondre

Ouch! Chuis essoufflée!!! Mais pas étonnée que tu l’aies fait!
Bravo fréro, la classe
Papa aurait été trop fier de toi ❤️

MalakFamily
juillet 10, 2018 at 04:58

💜

Isabelle b
juillet 11, 2018 at 11:38 Répondre

J’en ai eu des frissons partout ! Bravo Marc c’est vraiment impressionant !

Marion Mayette
juillet 11, 2018 at 14:56 Répondre

Bon moi aussi je renifle d’émotion Marco, et j’imagine la tension concentrée de Caro en bas… Mais t’es fou !!!!!! Bravo, pour cette connexion à ton corps et ton mental, quel beau récit (avec Hugo Boss en plus…). Je t’embrasse fort

MalakFamily
juillet 14, 2018 at 04:13

Oui, 100% dans l’instant ! Bisous !

tita vonvon
juillet 11, 2018 at 16:19 Répondre

Bravo Marco peur de rien c’est de famille(tu vois ce que je veux dire)

MalakFamily
juillet 14, 2018 at 04:12

Hé hé 😉

Estelle
juillet 12, 2018 at 10:16 Répondre

Bravo Marco, ça donne envie de jouer les super-héros mais on le vit bien à travers votre récit ! Belle aventure !

MalakFamily
juillet 14, 2018 at 04:07

Obrigado Estelle !

10 Pieds Autour du Monde
juillet 12, 2018 at 16:54 Répondre

Superbe ! Ce récit m’a donné la chair de poule… et vu que nous partons dans 1 mois (pile !) pour l’amsud, ça me donne une petite idée… Bravo Marc, super mental !

MalakFamily
juillet 14, 2018 at 04:07

Faut pas hésiter ! Et faudra nous raconter 😉

Jacques M
juillet 12, 2018 at 23:50 Répondre

Et les truites du lac à 4.700 m ? Tu es passé trop vite, pressé de retrouver ta tribu pour leur raconter ton exploit. Elles étaient super bonnes 😜

MalakFamily
juillet 14, 2018 at 04:11

Pas eu le temps de pêcher ça c’est sûr !

Steph Boy
juillet 13, 2018 at 12:14 Répondre

Ouahou ! Tu es un grand malade! Moi aussi les larmes aux yeux de lire ton récit. La prochaine fois tu prendras un hélico pour admirer la vue !!! Bisous à tous

MalakFamily
juillet 14, 2018 at 04:06

On note l’idée 🚁

Noelle et Philippe D.
juillet 14, 2018 at 14:31 Répondre

Super bravo, Marc, pour ce merveilleux exploit si bien raconté !

Quel esprit de gagne ! Quel mental ! Quel exemple pour les tiens ! Chapeau bas !

Vous êtes tout simplement une famille exceptionnelle !

Nous vous embrassons tous très fort.

NOEPHI

Bambi
juillet 25, 2018 at 16:20 Répondre

Bravo, bravo… Un 6000 m à mettre à l’actif, en plus de tout le reste, de la Malakfamily.. J’espère que tu as pu planter au sommet le drapeau de la Malakfamily, que bien sur tu avais avec toi. Encore bravo

ARTICLE SUIVANT

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.