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Fort Lauderdale – Paris CDG. On y est. On décolle. Dernier vol, retour à l’envoyeur, dans quelques heures on est en France. Il est temps de se coller à l’exercice qu’on s’était fixés ces derniers jours : écrire un article « bilan » de notre tour du monde. On le tourne dans nos têtes depuis le Mexique, mais ça ne sort pas. On a pensé à faire un top de nos endroits préférés, un article sur les chiffres étourdissants de notre voyage, rédiger le bilan de ce qui a bien ou moins bien marché ou énumérer nos plus belles émotions… bref tous les cinq on a eu plein d’idées – vous lirez d’ailleurs peut-être ces articles dans quelque temps.

 

Mais en fait aujourd’hui on n’a pas envie de parler de ça. On ne pense qu’aux couleurs, aux saveurs, aux musiques, aux rencontres qui ont fait ce voyage. Tout se mélange dans un joyeux maelström de poulet coco et d’empanadas aux légumes, de rythmes de charengo mixés aux sons sourds du didjeridoo, d’odeurs de bush et de grillades, d’images de lionnes au soir tombant, de cascades géantes, de glaciers qui craquent, de plages cariocas et de sommets enneigés. Les prières du muezzin à Istanbul, les embruns de l’île-prison de Mandela en Afrique du Sud, les vapeurs des geysers de Nouvelle-Zélande et les odeurs des offrandes fleuries de Ganyar à Bali fusionnent avec les rires de Philibert notre ami malgache, les éclats de voix de Miguel le Chilien et les chants de l’Inca à Cuzco pour former un grand gloubiboulga de sensations que nous ressentons dans chaque parcelle de notre corps. Ce tour du monde, il est en nous maintenant. Le vent dans nos cheveux devant les 12 apôtres australiens, la fatigue après les nuits blanches dans les bus boliviens, le coeur qui se gonfle à Noël devant le rocher d’or en Birmanie, l’odeur de la pluie en Malaisie, la douceur des soirées sur notre toit de Buenos Aires, le froid qui transperce et les orages qui terrassent, tout ça nous appartient pour la vie.

 

Alors au moment où les roues de l’avion ne touchent plus le sol, nous les deux adultes de la bande, on échange un grand sourire et un regard bien profond, vous savez comme dans les films quand les héros se disent plein de choses uniquement en se regardant. Hé bien, dans la vraie vie, ça marche aussi. Là c’est un peu le même regard qu’il y a 337 jours, quand un autre avion décollait pour nous projeter tous les cinq dans cette aventure extraordinaire. Il y a un paquet de trucs dans ce regard. Presque les mêmes trucs qu’il y a un an, mais en 1000 fois plus fort.

 

Dans ce regard, j’avoue, il y a de la fierté. ON L’A FAIT. ON A RÉALISÉ NOTRE RÊVE. ON A VRAIMENT FAIT LE TOUR DE LA TERRE. On est allés jusqu’au bout, on a bouclé ce tour du monde. On a embarqué les trois loulous, on leur a fait voir du pays, et on les ramène à bon port. Well done, camarade, mission accomplie. En relisant l’article de présentation de notre blog, on se rend compte qu’on a réalisé ce voyage comme on le souhaitait  ; on partait pour partager des moments en famille, pour montrer à nos enfants comme la planète est belle, pour faire des bouts de conversation avec des inconnus du bout du monde, pour prendre notre temps. Et on a fait tout ça. On a vécu cette année comme on l’avait voulue ; en profitant du moment. Parce que même au bout du monde, on peut penser à autre chose et ne pas être vraiment présent. Nous on a le sentiment d’avoir habité chacun de ces 337 jours, même les moins faciles, et ça aussi c’est une fierté.

 

Dans ce regard, il y a aussi beaucoup de reconnaissance. Envers la vie qui nous a beaucoup gâtés, envers la chance que nous avons eue tout au long de notre parcours, envers tous les gens que nous avons rencontrés et qui nous ont apporté tellement, avec leur générosité et leur bienveillance, envers la famille et les amis que nous avons rejoints à plusieurs endroits et qui font partie de l’histoire de notre tour du monde. Nous sommes chanceux et conscients de l’être.

 

D’un seul coup, dans ce regard, on voit passer un petit voile, qui va avec un soupir ; c’est comme un flocon de nostalgie qui serre le coeur, parce qu’on quitte notre bulle et que plus rien ne sera pareil. Et avec, il y a un soupçon d’appréhension parce qu’on ne sait pas exactement ce qui nous attend, parce que tout sera nouveau pour nous deux à la rentrée. 

 

Mais dans ce regard, disons-le : il y a aussi et surtout beaucoup, beaucoup de joie! Une joie qui ne serre pas le coeur, mais qui le fait gonfler gonfler gonfler, c’est pas possible qu’il gonfle comme ça, tout le monde va s’en apercevoir, qu’on a tant de joie en nous!  Joie d’être une nouvelle fois dans un avion, avec nos enfants, tous les cinq en mouvement. Joie de les voir si heureux ces enfants, excités comme des puces à l’idée de rentrer en France. Joie d’avoir derrière nous une histoire incroyable et devant nous des retrouvailles qui font battre nos cœurs ainsi que des projets qui excitent nos neurones. Joie d’être encore à ce moment-là un peu dans notre rêve ; dans quelques heures nous parlerons de notre tour du monde au passé, mais pour l’instant on n’est pas encore rentrés, ce n’est pas fini. 

 

Alors ce bilan, qu’est-ce qu’on en fait? On le met en stand-by, on en reparlera dans quelques semaines, dans quelques mois, lorsque les empreintes que ce voyage a laissées en nous seront moins fraîches et qu’on saura les déchiffrer. On ne sait pas encore en quoi ce voyage nous a changés, mais on sait ça : on est HEUREUX et on est VIVANTS, plus que jamais, et aujourd’hui il n’y a que ça qui compte! 

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Caroline

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Akelwood
août 22, 2018 at 10:23 Répondre

C top, no comment!!!

Jérome Lafenetre
août 22, 2018 at 11:41 Répondre

J’ai tout adoré. Moi qui suis parti depuis bientôt 20 ans de France, j’ai retrouvé grâce à votre voyage, les émotions du début. Les joies de la découverte, de l’incertitude. La béatitude que l’on a à chaque nouveau paysage. J’ai la chance d’avoir souvent voyagé mais il y a tant de choses à voir. Je ne crois pas avoir assez d’une vie pour tout faire mais je continuerai à voyager en essayant de faire à chaque fois quelques chose de nouveau. Merci encore pour tous vos partages. J’espere qu’un prochain voyage vous amènera en Nouvelle Calédonie que je puisse vous faire découvrir ce petit coin de paradis.
Bises à vous 5.
Jérome LAFENETRE

Madine
août 22, 2018 at 18:41 Répondre

Bravo ma fille cherie ! Bravo Marco ! Vous pouvez être fiers !
Vous avez réalisé votre rêve sans encombre et vous êtes revenus tous les cinq à bon port avec cet air joyeux et pétillant qui ne passe pas inaperçu !
Gardez cette joie !!
Plein de bisous pour vous cinq!

Cécile
août 23, 2018 at 08:00 Répondre

Oui vraiment bravo, tant de gens (Je m’incline dans de lot !)) parlent de ce qu’ils voudraient faire, mais s’arrétent là… vous l’avez fait, vous avez tous vécu une expérience incroyable… chapeau !
😘
Benny

La smala
août 23, 2018 at 15:40 Répondre

Ah!Je crois qu’il n’y a plus qu’à continuer dans l’écriture pour toi.Tu as bien réussis à nous faire vivre votre voyage de loin. Trop COOL!!!

sylvie Risoul
août 24, 2018 at 18:49 Répondre

Toutes ces rencontres et tous ces lieux sont extraordinaires.
Il reste maintenant à écrire.
Caroline, tu as un don d’écriture,d’écrivain et de journaliste.

A faire vraiment en même temps que retrouver du travail.

sylvie Risoul
août 24, 2018 at 19:01 Répondre

Ce doit être bien difficile de choisir.chaque pays a son intérêt propre + ce que toi tu aimes.
Le hasard des gens rencontrés fait aussi qu’on s y attache.
La liseuse etait une super-bonne idée.

Et maintenant en route pour la rentrée pour retrouver les copains et apprendre des tas de nouvelles choses.

Bises

Sylvie🌏

Papito
août 25, 2018 at 13:10 Répondre

Bravo pour
-l’esprit et l’audace d’entreprendre ce tour du monde en famille
-l’écriture si alerte
-la curiosité au quotidien
-l’accès à la poésie de la vie si banale en surface, si lumineuse et riche dès l’approfondissement des contacts
-l’ouverture aux autres
-l’émotion des découvertes
-l’enthousiasme, la joie de retrouver la famille par petits morceaux tout au long du parcours
-l’amour, la confiance, la joie que vous avez et faites encore respirer à beaucoup plus de personnes que vous ne pensez

Bon retour
Bises

Isabelle b
août 26, 2018 at 22:32 Répondre

Mais au fond y’a t il vraiment besoin de faire un bilan ? …

Cécile Bellaïche
août 27, 2018 at 16:22 Répondre

Bravo pour votre merveilleux voyage et pour cette aventure si exceptionnelle. Merci de nous avoir fait partager tout cela durant une année. Votre texte est magnifique et plein d’émotions qui m’ont mis les larmes aux yeux. Quelle fierté et quel bonheur! Bon retour à tous les 5!

Fs et Fse
septembre 1, 2018 at 07:13 Répondre

Revenons de Vauchassis et captons votre « bilan ».

C’est déjà fini ! Comme dit Nino, cela a passé vite !!!

Haut les cœurs pour une bonne rentrée à tous, les souvenirs pleins la tête et les images en témoignage.

You did it !

Bisous de Fs et Fse

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