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Bon, ok, j’avais un peu grugé sur la durée de la « balade ». Le Tongariro Alpine Crossing, une des plus belles randonnées de Nouvelle-Zélande, longue de près de 20km, était annoncée partout autour de 5h30. Mais si je l’avais dit à Lucas et Nino, mes petits Parisiens auraient poussé des cris d’orfraies. Du coup j’avais sur-vendu depuis des semaines l’ambiance « Mordor » de la balade, et sur-coaché les garçons en leur disant qu’il fallait qu’on donne le meilleur de nous-mêmes. Et bien franchement, là-dessus, on n’a pas à rougir.

 

Partis après tout le monde, on a avancé à notre rythme, avec Marc et Suzie la première heure en bas du volcan. Puis ils nous ont quittés, au début de l’ascension. Et là, on était tous les 3, lancés pour la grande aventure de notre journée. On a soufflé (surtout moi) dans les « marches de l’enfer », on a transpiré en maudissant nos sous-pulls techniques trop chaud (surtout moi). On a serpenté entre les coulées de lave, on s’est retourné mille fois pour voir la vue sur la vallée qu’on laissait derrière nous. 

En haut, dans le cratère sud du Ngauruhoe, on était trop contents. On s’est dit qu’on avait fait le plus dur, on a pris plein de photos et vu plein de pierres ponces. Puis on est repartis vers le sommet. Le vent était bien froid, on a remercié nos sous-pulls techniques (surtout moi). On a tourné des scènes du Seigneur des Anneaux, on a bien rigolé.  

 

Sur la crête, les pas se sont fait moins assurés, ça a stressé un poil, il a fallu rassurer les petits gars. C’était raide, ça glissait, ça paraissait loin. On s’est donné la main, le premier a motivé le second, ça m’a fait trop plaisir. Au sommet, les frangins ont posé leur caillou sur le kern, on a levé les bras bien haut ; yeeeees, on l’a fait! On n’était partis que depuis 3h30 mais c’était l’euphorie, en plus après c’était que de la descente d’après les guides. Alors on est restés un petit moment à regarder un des panoramas les plus grandioses qu’il nous ait jamais été donné de voir ; un volcan énorme derrière nous, un cratère immense sous nos pieds, un autre cratère devant nos yeux, très haut, rouge et éventré, qui a craché des coulées de lave il y a quelques années à peine. Et de l’autre côté, les lacs d’émeraude éblouissants, le lac Bleu derrière eux, et à l’Est une descente sur une vallée au milieu de canyons majestueux. Et des fumerolles bien sûr, un peu partout, on est quand même sur un volcan.

 

 

 

 

 

On est descendus, c’était pas du tout facile, on glissait sur les scories comme sur du sable noir, on n’a pas aimé ça, on est tombé et on s’est fait mal à la main (enfin, surtout moi). Les rôles se sont inversés à ce moment, ce sont les fistons qui ont encouragé leur mère, à base de « maman tu peux le faire, t’es une championne » et c’était trop mignon, bien sûr que je pouvais le faire. On a sandwiché au soleil sur un rocher, le soleil nous chauffait la tête et les mains, on était dans un des plus magnifiques endroits du monde, mes fils aussi étaient beaux avec leurs petits sacs à dos de randonneurs, ils marchaient bien, leurs grands-pères et grands-mères des montagnes seraient fiers d’eux. Heureusement en fait que Marc et Suzie n’étaient pas avec nous, sinon je crois que mon coeur aurait explosé.

 

Les deux heures suivantes ont été un plaisir de chaque instant. On a discuté du scénario du Seigneur des Anneaux, du tour du monde, de tous les souvenirs énormes qu’on a déjà dans nos têtes, du retour aussi, même s’il est encore loin, de ce qui nous excite et de ce qui nous inquiète à ce sujet. On a fait des blagues, des jeux et des photos. On a regardé la flore changer, on a quitté le désert de pierre et de lave pour retrouver de l’herbe, puis des fleurs, des arbres et des petits animaux. C’était vraiment chouette.

 

 

La fin a été dure, les ampoules brûlaient les orteils et les talons. Les garçons étaient fâchés que le chemin tourne autant, franchement on pouvait pas aller tout droit à travers les collines, là? Mais pas le choix, fallait avancer, et sur le chemin messieurs, on n’allait pas dormir là, et surtout ne pas dire qu’on n’y arrivera pas. On s’est arrêtés un peu, à côté d’un cabanon, pour reprendre des forces en regardant le lac Taupo à l’horizon. Une famille belgo-russe nous a rattrapés, on a fini la route tous ensemble, ils nous ont raconté leur nouvelle vie sur l’île du Nord, le temps est passé bien plus vite à travers la dernière forêt. 

 

Voilà, on est arrivés à 19h au parking, on s’est écroulés sur un banc et Suzie nous a sauté dessus. Une prochaine fois ma poulette, tu seras du voyage, on sera tous les 5 et on kiffera encore. Là on était claqués, fourbis, mais tellement contents. Le Tongariro Alpine Crossing, on l’a fait. Et en 8h30. Ils avaient de quoi être fiers, mes petits héros. 

 

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Mamou
février 27, 2018 at 13:16 Répondre

Ce sont aussi mes petits héros prêts à escalader mes pyrenées ….en 2019 !! A tout de suite mes chéris !

Isabelle Boniface
février 27, 2018 at 17:33 Répondre

J’étais sûre que Mamou ne pourrait pas retenir sa joie et sa fierté d’avoir de si beaux petits randonneurs dans la famille. Bravo les petits gars bravo à votre maman !

Madine
février 28, 2018 at 00:18 Répondre

Bien sûr que je suis fière de mes petits fils et de ma fille …et j’aurai bien aimé faire cette ascension avec vous!
Mais je l´ai tout de même rêvée en lisant ton article et en regardant les photos…
Bravo et bisous

Claire B
février 28, 2018 at 00:27 Répondre

Bravo à tous les 3 !
Je viens de me précipiter sur mon album (oui du papier !) de Nouvelle-Zélande qui date de 2002 et bien j’ai retrouvé des photos de cette rando !
J’avais oublié l’avoir faite car :
1) ma météo était plutôt celle de Marco 😉
2) le Seigneur des anneaux n’ayant pas encore été tourné (que la communauté de l’anneau en fait) cela n’avait pas du tout la même saveur… pas de Mordor en vue
Conclusion : remplissez vos carnets de voyage de vos impressions pour pouvoir revivre ces merveilleux moments car la mémoire flanche avec les années, Caro tu as tout compris avec tes articles …
Bises à tous

Mayette
février 28, 2018 at 15:27 Répondre

De vrais héros, c’est clair, et avec une maman hors pair (surtout toi!). Bon par contre va falloir arrêter de nous faire pleurer (de rire et de bonheur) à chaque article car ici il neige et ca fait givrer le coin des yeux! Je vous aime fort les champion.n.e.s

Tatie Julie
mars 4, 2018 at 10:27 Répondre

Snif encore, superbe article…..ça devait être un super moment avec tes 2 fistons.

BoulangerBalde
mars 4, 2018 at 23:51 Répondre

C’est clair, bravo les gars!!! Vous avez juste ASSURES GRAVE!! Vos parents ont eu de quoi être sacrément fiers de vous! En tous cas, vous faites pas de bile, question sommets vous aurez de quoi faire au retour entre les hauteurs alpines et pyrénéennes!
On vous embrasse!

sylvie Risoul
mars 6, 2018 at 14:58 Répondre

Encore de superbes volcans!
Quels contrastes de couleurs!
Alors les garçons, c’est parti pour la montagne?

Sandrine SL
mars 12, 2018 at 19:10 Répondre

Comment vous m’épatez (de campagne euh…pas pu m’empêcher, désolée – sourire crispé – clin d’oeil) !
Sérieusement moi qui ne suis pas vraiment sportive (litote), je vous admire et vous félicite. Tellement forts vous êtes.
Caro, j’ai eu chaud, j’ai eu froid, j’ai eu mal aux pieds, j’étais inquiète aussi puis rassurée.
Les garçons vous êtes des chefs.

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