ENTREZ VOS MOTS CLES

Prologue : quelle excitation depuis quelques jours déjà à l’idée qu’on n’avait jamais été si proches de notre rêve de glace. Et quelle joie au petit matin de découvrir un ciel sans nuage pour aller à la rencontre de Monsieur Perito Moreno… Toute la journée a été extraordinaire, alors on vous en raconte les 3 moments-clés.

Acte 1 : la vision
Nous roulons depuis une heure déjà, au milieu d’un paysage divin : le lac Argentino, d’un bleu à peine plus crayeux que celui du ciel sans nuage qui nous a cueillis ce matin, des plages étroites de terre noire jusqu’auxquelles de gros cailloux blancs ont roulé, de grands arbres aux couleurs de l’automne, et tout au fond, après les plateaux rouges et bruns des premières montagnes, les sommets enneigés.

Rien que pour ce paysage, ça valait le coup de se lever dans le jour ce matin. Tout à coup, au détour d’un virage, une énorme tache blanche sur le lac, un immense morceau de banquise. C’est lui. C’est le Perito Moreno!  Sans crier gare, sans attendre d’en voir plus, l’émotion surgit. Décidément, on pleure bien trop souvent de joie, dans ce voyage… C’est tellement extraordinaire d’être là! On n’était pas sûrs de pouvoir venir jusqu’ici. C’était trop loin, trop cher, trop fou. On a failli renoncer. On s’est levés tôt, couchés tard, on a volé longtemps, roulé plus longtemps encore. Il faut le mériter, ce vieux monsieur. Et maintenant on y est, tous les 5. Les enfants sont super excités, depuis le temps qu’on parle du « glacier qui tombe dans l’eau ». C’est diiiiingue !

Petit à petit on se rapproche, on voit mieux, on prend conscience de l’énormité de la bête. Son immense langue de glace descend depuis la montagne sur 30 km avant de se terminer dans l’eau. De loin, on dirait une meringue majestueuse qui aurait été déposée par un pâtissier divin non pas sur une tarte au citron mais sur un gigantesque flan émeraude. On ne voit pas bien comment le spectacle pourrait être plus beau qu’à cet instant, pourtant on sait que ce n’est que le début…

Première image !

 

Acte 2 : les bruits
On est maintenant sur un bateau et on navigue sur le lac Argentino, sous le mur de glace. Avec ses 60 mètres de hauteur , II nous domine de toute sa splendeur. De plus près, on voit qu’il n’est pas si blanc. En fait le blanc est bleu. De multiples nuances de bleu; le bleu translucide du gros glaçon presque transparent qui flotte près de nous, le bleu acide qui sort d’une faille au milieu du mur – ce n’est pas possible, c’est forcément une mine de kryptonite qui fait cette lumière, Superman ne doit pas être loin.

Mais ce qui nous stupéfie, c’est le bruit. Ou plutôt LES bruits. Le glacier craque, comme un très vieil homme plein de rhumatismes qui déplierait ses articulations l’une après l’autre, et on dirait à chaque fois qu’il va s’ouvrir en deux. On entend ces craquements, mais aussi de sourds grondements, qui viennent de l’intérieur du glacier, ça gargouille chez le vieux monsieur. Et il y a ces détonations. Comme des coups de fusil au milieu du ciel clair, qui claquent sans prévenir, c’est un bloc de glace qui s’est détaché et qui tombe dans l’eau. Parfois on voit le morceau tomber, c’est un petit morceau riquiqui, une petite boule de neige mais le bruit de son impact dans l’eau résonne jusqu’à nous et nous assourdit. Ce glacier est vivant !

 

Acte 3 : le bonus

Depuis ce matin, on a vu d’énormes morceaux de falaise s’écraser dans l’eau, loin de nous. Et on a remarqué que plein de petits morceaux tombaient régulièrement du glacier depuis une petite corniche en surplomb. Alors on s’est postés sur un balcon en bois, pile en face de cette corniche. On voit bien, sur la gauche, l’emplacement de la célèbre arche qui se recrée régulièrement, quand le glacier atteint la terre ferme et que l’eau creuse un pont de glace pour pouvoir passer. Quand ce pont se casse, c’est « la ruptura », la dernière a eu lieu 15 jours exactement avant notre passage.

Nos yeux dévorent le glacier, on n’arrive pas à détacher nos regards. C’est tellement beau, tellement magique… Tout à coup, près de la corniche, un petit morceau tombe, très haut. Et ensuite… Pour une fois on avait le doigt sur le bouton. Alors on ne raconte plus, on vous laisse juste regarder!

En repartant, on a salué bien bas le glacier et on lui a dit de tout notre coeur « Muchas gracias, Señor ! »

 

 

Épilogue :

Rien qu’en repensant à cette journée et en regardant cette vidéo, nos poils se hérissent, notre coeur s’emballe, et on ressent à nouveau le même émerveillement devant la grandeur, la force brute et la sérénité qui se dégage de ce glacier qui est là depuis des millions d’années et qui sera encore là bien après nous. Longue vie au Perito Moreno !

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Isabelle boniface
mai 1, 2018 at 14:11 Répondre

Impressionant ! Merci pour le récit on s’y croirait !
Et bravo pour la vidéo, au bon endroit au bon moment !

ELOUAN
mai 1, 2018 at 20:28 Répondre

Trop beau les glacier nous on n’a du beau temps tout la bande pense beaucoup à toit on vous fait des gros bisous!!!!!!!

Mamou
mai 1, 2018 at 21:42 Répondre

Toujours la même grosse émotion en vous lisant : j’etais Près de vous entrain de revoir ces magnifiques blocs qui s’ecrasent sur le lac..Merci mes chéris de me faire revivre ces inoubliables moments que j’ai vécus en 2015 !

Madine
mai 2, 2018 at 09:37 Répondre

Magnifique! Extraordinaire! Stupefiant !
Quelles photos splendides et quel récit vivant!
Il ne nous reste qu’une chose à faire…partir à la rencontre de Senor Perito Moreno!!

Tatie Julie
mai 2, 2018 at 20:16 Répondre

En lisant cet article aux gars (passionnés par ton récit) j’ai eu encore une fois du mal à retenir mes larmes et à lire jusqu’au bout…..
Les différents bleus m’ont rappelé l’Islande et son glacier…..depuis facinée par ces paysages de glace….je rêve trop d’aller le rencontrer ce señor! Merci Caro 😘

Marion (la grande)
mai 4, 2018 at 13:20 Répondre

Caro, j’adore ton cri d’effroi ! j’avais trop l’impression d’y être, si bien que je voyais des tas de doigts frétiller de partout. Mille bises

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